Notre église, photos et histoire

HISTORIQUE

« Venez et voyez… » (Jn 1, 39)

Entrez et soyez les bienvenus dans cette église dont la première pierre fut posée par le Cardinal Jean-Marie Lustiger, alors Archevêque de Paris, le 6 octobre 1996 et dont la construction fut achevée le 19 juin 1998.

Curieux clocher, curieuse église, pourtant si bien inscrits dans ce quartier largement restructuré, où se sont élevés de hauts immeubles dans les années 1970.

Laissez-vous surprendre par cette construction résolument moderne et contemporaine, la 109ème église paroissiale de Paris. C’est le lieu où prie quotidiennement une communauté de croyants catholiques qui célèbrent Jésus-Christ.

C’est dans l’immédiat après-guerre que naquit l’idée qu’il fallait une nouvelle église dans ce quartier de Paris : à une population très dense devait correspondre une église de proximité car l’enjeu concerne l’annonce de l’Evangile aux hommes de ce temps.

Le projet fut confié à Architecture-Studio dont d’autres réalisations sont connues : l’Institut du Monde Arabe à Paris, le Palais de Justice à Caen, ou encore le Parlement Européen à Strasbourg. La forme du bâtiment s’est imposée très logiquement compte tenu des contraintes de l’urbanisme qui obligèrent à envisager une construction à très faible emprise au sol : la forme d’un cube qui, décollé du sol, reposerait structurellement sur douze piliers. C’est ici que le génie entre en jeu, laissant les formes anciennes inspirer les nouvelles.

Le plan de l’église -une croix à quatre larges bras égaux- trouve sa référence dans celui des plus antiques églises d’Orient. L’édifice apparaissait comme un coffre précieux, placé en élévation. Or l’Arche d’Alliance n’était –elle pas ce coffre en bois d’acacia, doré à l’intérieur et à l’extérieur, dans lequel les Hébreux avec Moïse ont déposé les Tables de la Loi données par Dieu dans l’Exode, à la sortie d’Egypte ? (Ex 20) Ainsi s’est imposé le titre de ce nouveau sanctuaire parisien : « Notre-Dame de l’Arche d’Alliance ».

Les vitraux, représentant à droite David dansant devant l’Arche d’Alliance, et à gauche la scène de la Visitation de Marie à Elisabeth, sont l’œuvre de Martial Raysse. Ils ont été réalisés par Jean Dominique Fleury, Maître Verrier, et inaugurés le 7 juin 2001.

Extrait du livre de Jacqueline Dornic « Notre-Dame de l’Arche d’Alliance : une église pour notre temps – une œuvre de l’art contemporain. Son histoire, son architecture, sa symbolique »

En vente à l’accueil de la paroisse : 47 rue de la Procession Paris 15e

 

EXPLICATION LITURGIQUE DE L’ÉDIFICE

La matière, œuvre de Dieu, est transformée par les hommes pour un art ou une technique. En ce qui concerne l’architecture religieuse, le travail de transformation est d’autant plus complexe que l’œuvre que Dieu a révélée est multiple : l’œuvre de Dieu est la création, mais aussi l’histoire du salut, la rédemption, l’édification d’un peuple toujours en croissance et la promesse du monde à venir. Autant d’éléments qu’une église doit assumer pour être fidèle à sa vocation d’être le lieu où se rejoignent pour s’unir le mystère de Dieu et le mystère de l’homme, le lieu de l’Alliance.

L’église Notre Dame de l’Arche d’Alliance a été consacrée par le Cardinal Lustiger le 20 juin 1998 : elle est le lieu où se retrouve une communauté de croyants qui célèbre le Christ. En visitant cette église, vous ne visitez pas un lieu vide et mort mais un lieu de prière quotidienne. En ce sens, l’on ne peut comprendre en vérité une église qu’en priant avec la communauté qu’elle rassemble et pour laquelle elle a été construite. Puissent les quelques éléments qui suivent vous donner le désir de rejoindre cette communauté pour prier avec elle et vous laisser illuminer par le mystère de Dieu.

L’entrée naturellede l’église se fait par le baptistère, au rez-de-chaussée : le baptême est le sacrement qui nous fait entrer dans l’Eglise, Corps du Christ, peuple de Dieu et Temple de l’Esprit. En marbre blanc de Tassos, comme l’autel, ses huit côtés rappellent les sept jours de la création dans le récit imagé de la Genèse et le huitième jour qui est celui de la Résurrection du Christ. Cette résurrection est nouvelle création pour la personne qui, unie à la mort et à la résurrection de Jésus par le baptême, devient un enfant de Dieu et non plus seulement un enfant des hommes.

Cette nouvelle création est possible par la puissance d’amour de la Croix du Christ et du don de l’Esprit : l’Esprit est symbolisé par la colombe sur le couvercle du baptistère en bois de cormier et d’acier. L’intérieur du baptistère est creusé en forme de croix grecque, croix que l’on retrouve dans tout le bâtiment. Derrière le baptistère est scellée la première pierre de l’église bénie par le cardinal Lustiger le 6 octobre 1996. Elle contient un fragment de roche de Qiryat-Yearim où l’Arche d’Alliance demeura vingt ans. (Premier livre de Samuel, chapitre 6)

Un escalier étroit permet d’accéder dans l’église que les dalles de verre laissent deviner : le baptême n’est pas une fin en soi, c’est une première étape, don gratuit de Dieu, pour pouvoir ensuite vivre en chrétien. L’escalier est raide et étroit, comme dans la parole du Christ : « Entrez par la porte étroite. Elle est grande, la porte, il est large, le chemin qui conduit à la perdition ; et ils sont nombreux, ceux qui s’y engagent. Mais elle est étroite, la porte, il est resserré, le chemin qui conduit à la vie ; et ils sont peu nombreux, ceux qui le trouvent. » (Evangile selon St Matthieu, 7 13-14)

Arrivé dans le sanctuaire, en forme de Croix grecque à l’intérieur, de cube à l’extérieur, deux grandes baies saisissent le regard. Œuvres de Martial Raysse et réalisées par Jean-Dominique Fleury, elles représentent à droite le roi David qui danse devant l’Arche d’Alliance lorsque celle-ci quitte Kiryat-Yearim pour entrer dans Jérusalem (deuxième livre de Samuel, chapitre 6) et à gauche Marie, enceinte du Christ, rendant visite à sa cousine Elisabeth, enceinte de Jean le Baptiste, lequel tressaille d’allégresse. (Évangile selon Saint Luc, chapitre 1) Ces deux moments de joie représentés par ces vitraux nous rappellent que la rencontre avec Dieu est pour la joie, une joie parfaite que nul ne peut nous ravir.

Dans l’Ancien Testament l’Arche d’Alliance, était un coffre d’acacia doré contenant les tables de la Loi (les dix commandements) et la Manne (le pain que Dieu avait donné aux Israélites pendant leur séjour dans le désert). Il symbolisait la présence de Dieu dans le Temple de Jérusalem après sa construction par Salomon. L’Arche d’Alliance fut perdue lors de la destruction du premier temple de Jérusalem par Nabuchodonosor en 587 av. Jésus Christ. Cette Arche contenait le don que Dieu avait fait à son peuple.

Pour la nouvelle alliance, la nouvelle arche n’est autre que Sainte Marie, Mère de Jésus, car en son sein repose le Christ qui est la Parole de Dieu, le Verbe incarné, mais aussi la nouvelle manne, l’Eucharistie, qui est le Christ lui-même et que les chrétiens partagent lors de la Messe. Ce don de Dieu est Dieu lui-même. Nous ne sommes plus ici dans le symbole mais dans l’accomplissement : Dieu est venu parmi les hommes en Jésus-Christ et il nous a partagé sa vie.

Ainsi l’église en forme de cube symbolise la Jérusalem céleste, la cité sainte dont la « longueur, largeur et hauteur y sont égales » (Livre de l’Apocalypse, chap. 21). Cette cité contient le peuple des croyants, comme l’Eglise rassemble les croyants, et la forme cubique fait penser à un coffre précieux, comme le signifie le mot arche, « arca », coffre, en latin. Le nom de l’église vient de son architecture cubique : Notre Dame de l’Arche d’Alliance. Marie, Mère de Dieu, porte en son sein celui qui scelle la Nouvelle Alliance entre Dieu et les hommes et elle porte aussi l’Eglise, dont elle est la mère et qui est l’assemblée des croyants réunis pour offrir à Dieu le sacrifice de louange lors de la prière.

 

Dans le chœur de l’Eglise, l’autel, en marbre blanc de Tassos, est surmonté de la résille métallique dont le point de départ se situe au-dessus de l’autel et qui dessine une iconostase, comme dans les églises orthodoxes, mais une iconostase qui ne sépare pas le peuple de Dieu des prêtres : tout ce qui se passe sur l’autel doit rayonner dans l’Eglise et en dehors de l’Eglise. C’est la raison pour laquelle cette résille se continue à l’extérieur et enveloppe tout le bâtiment, adoucissant la forme cubique. Le tabernacle, en bois d’acacia doré comme l’était l’arche de l’ancienne alliance, est surmonté d’une croix lumineuse projetée depuis les tribunes. La croix, lieu où le Christ manifeste l’amour de Dieu pour les hommes, est le symbole des chrétiens qui reçoivent cet amour de Dieu et essayent de le partager autour d’eux, quitte à devoir eux-aussi souffrir en raison de cet amour inconditionnel.

Enfin l’ensemble du bâtiment repose sur douze colonnes, symbole des douze tribus d’Israël et des douze apôtres. Les racines de la foi chrétienne ne peuvent être comprises en dehors de la foi que Dieu a révélée à Abraham, Moïse et aux prophètes et qui s’accomplit en Jésus-Christ, Messie et Dieu lui-même et qui a confié à l’Eglise l’annonce de cet amour pour le monde. Marie est celle qui nous donne le Christ : fille d’Israël attentive à la parole des prophètes, elle accompagne l’Eglise. La prière des chrétiens à Marie, sérigraphiée sur toute la façade, est la louange des hommes à celle qui a parfaitement accompli dans sa chair la Parole de Dieu.

Ainsi cette église construite par Architecture Studio permet de rassembler les croyants qui s’offrent à Dieu par leur prière et leur louange. Sa construction en hauteur avec des tribunes permet que personne ne soit loin. Les chrétiens rassemblés ne voient pas des dos mais des visages et que l’on soit quinze ou quatre cents, l’église est habitée sans impression de vide. Puissiez-vous vivre une véritable expérience spirituelle dans ce lieu construit pour la gloire de Dieu et le salut des hommes et rencontrer ceux et celles qui comme vous, peut-être, cherchent un sens à leur vie, l’Amour, et donc cherchent Dieu.

Père Vincent Guibert

 

Notre Père qui es aux cieux, que ton Nom soit sanctifié,

que ton Règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour, pardonne-nous nos offenses,

comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés,

et ne nous laisse pas entrer en tentation mais délivre-nous du mal. Amen.

 

Je vous salue Marie pleine de grâce,

le Seigneur est avec vous,

vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus,

le fruit de vos entrailles, est béni.

Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs

maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.

 

Une visite guidée est proposée gratuitement tous les dimanches de 15h00 à 17h00 dans l’église. Un livre de photographies et des cartes postales sont en vente au bureau d’accueil et auprès des guides. Les photographies et les vidéos à but non lucratif sont autorisées en-dehors des offices religieux. Toute représentation pour une publication ou une projection est soumise à autorisation. Vous pouvez faire un don grâce aux enveloppes « Denier de l’Eglise » à déposer au bureau d’accueil. Merci.