Édito du 9 septembre 2018

L’humour de Jésus

Un jour, Jésus guérit un sourd-muet et il lui ordonna de ne rien dire à personne (cf. Mc 7,31-37). On aurait envie de lui dire : écoute Jésus, si tu veux qu’il ne dise rien à personne, ce n’est pas en lui donnant la parole que tu lui facilites la tâche. La suite de l’évangile est évidente : « plus il leur donnait cet ordre, plus ceux-ci le proclamaient ». Il a quand même de l’humour notre Jésus ! Ce n’est qu’à la fin de l’évangile qu’il donnera à ses disciples le coup d’envoi missionnaire. Et il ne le fera pas à moitié : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création » (Mc 16,15). Car c’est seulement une fois que le Christ aura tout accompli, une fois qu’il aura traversé la mort et en sera sorti vainqueur, que ses disciples pourront l’annoncer en vérité. Finalement, il ne s’agit pas d’annoncer que Jésus est un guérisseur. Dire que Jésus a fait un miracle ce n’est pas très engageant, parce que le Jésus guérisseur reste quand même à l’extérieur de nous. Mais annoncer qu’il est le sauveur du monde est une chose bien différente : c’est proclamer avec ma vie que la parole de Jésus et son agir méritent toute ma foi. Oui, c’est cela que nous annonçons. Jésus est celui qui nous donne notre vraie dignité, celle pour laquelle nous avons tous été créés : la dignité sublime de fils de Dieu, de ceux qui aiment comme Dieu aime et qui pardonnent comme Dieu pardonne. Alors là Jésus ne reste pas à l’extérieur de nous-mêmes. Il vit en nous et nous le laissons être la source de toutes nos paroles, nos pensées et nos actes. Voilà sa vraie guérison, son vrai miracle, son humour qui est joie parfaite !

+ Père Francisco Dolz