Édito du 9 décembre 2018

Le maître de l’Avent

   Chaque année, au moment de l’Avent, l’Église nous propose un personnage qui demeure, malgré tout, un peu distant de nos vies : Jean Baptiste.   Nous l’imaginons comme un ascète, vêtu pauvrement, vivant dans le désert, menant une vie de solitude et de pénitence qui ne nous attire guère aujourd’hui. Et pourtant, son nom retentit tous les ans dans nos églises pour nous inviter à préparer le chemin du Seigneur et rendre droits ses sentiers (cf. Lc 3,4).

   Or, ces mots peuvent nous paraître incompréhensibles comme la figure même de Jean-Baptiste. Que veut dire « préparer le chemin du Seigneur » ? C’est sans doute cette expression qui dit le mieux le sens de l’Avent. Et puisque cette période est courte et que nous avons tendance à la raccourcir encore plus en célébrant Noël avant l’heure, il est urgent de bien la comprendre pour pouvoir la mettre en pratique !

   Préparer le chemin du Seigneur veut dire que le Seigneur va venir marcher avec nous, dans notre vie de tous les jours. Et que, de même que nous préparons notre maison quand nous avons des invités, de même nous devons préparer nos propres vies, parce que c’est là que le Seigneur va venir. Et comment préparer nos vies à la venue du Seigneur ? En lui laissant de la place. C’est facile de vivre bien pour soi ; vivre pour quelqu’un d’autre est plus exigeant. La vie de famille, nos amitiés, voilà des belles écoles pour faire de la place à l’autre. Mais quand il s’agit de faire de la place à Dieu, alors les opportunités se multiplient, parce que Dieu, nous le trouvons partout : dans la prière, dans les sacrements, dans nos frères et soeurs, dans la création, dans tout ce qui est beau, …

   Et si l’Avent était justement le moment pour reconnaître la présence de Dieu dans tous ces événements ?

+ Père Francisco Dolz