Édito du 3 février 2019

« N’est-ce pas là le fils de Joseph ? »

Cette question recèle une ambiguïté puisqu’elle peut signifier à la fois : « pour qui se prend Jésus ? » mais aussi « n’est-il pas l’un des nôtres ? Nous allons certainement profiter de manière privilégiée des paroles de la grâce qui sortent de sa bouche ».

Il y a donc là une tentative de mettre la main sur Jésus, de ne pas l’accueillir pour ce qu’il est réellement. La réaction de Jésus ne se fait pas attendre, elle est sans détour. « Amen je vous le dis, aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays ». La Bonne Nouvelle du salut est destinée à tous, sans exception, pour le peuple élu comme pour les autres.

Ce qui se passe dans la synagogue de Nazareth est bien ce qui se passe dans notre propre vie. Reconnaissons qu’il y a en nous quelque chose qui attend Dieu et quelque chose qui résiste. Quel curieux paradoxe : notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en Dieu et pourtant il nous arrive d’être rebutés par Dieu, de lui résister, de ne pas comprendre ce qui nous arrive ou d’être choqués par tout se qui se passe dans le monde. Nous voudrions telle-ment que nos désirs soient aussi les désirs de Dieu. Nous rêvons d’un Dieu à notre image qui corresponde à ce que nous attendons de lui. Nous aussi nous faisons l’expérience terrible que nous ne pouvons pas mettre la main sur la Parole de vie.

Croire en Dieu signifie renoncer à ses préjugés et accueillir le visage concret par lequel il s’est révélé : l’homme Jésus de Nazareth. Et cette voie conduit aussi à le reconnaître et à le servir dans les autres. Humblement acceptons que Dieu soit plus grand que notre cœur. Nous sommes invités à passer de l’admiration à la foi.

+ Père Vincent GUIBERT