Édito du 24 février, du 3 mars et du 10 mars 2019

La grâce de la conversion

Devant l’accumulation des accusations médiatiques portées contre des membres plus ou moins éminents de l’Église, les chrétiens que nous sommes réagissent de manière variable : scandale, lassitude, dégoût, énervement etc. Le pire serait de ne pas réagir car une telle situation de crise est grave.

Tandis que le Christ, « saint, innocent, sans tache » (He 7, 26) n’a pas connu le péché (2 Co 5, 21), l’Église elle, est à la fois sainte et appelée à se purifier. La pénitence est une grâce car elle est l’œuvre de la miséricorde divine. « À présent, face aux attaques du monde qui nous parle de nos péchés, nous voyons que pouvoir faire pénitence est une grâce. La conversion est l’arrivée de la grâce qui nous transforme ».

C’est aussi dans ce contexte que nous pouvons comprendre la révélation de Benoît XVI faite mardi 11 mai 2010 dans l’avion qui le conduisait à Fatima : « La plus grande persécution de l’Église ne vient pas de ses ennemis extérieurs, mais naît du péché de l’Église et que donc l’Église a un besoin profond de ré-apprendre la pénitence, d’accepter la purification, d’apprendre d’une part le pardon, mais aussi la nécessité de la justice ».

Le Carême est donc un temps favorable pour l’Église et pour chacun d’entre nous, pour que chacun apprenne à « balayer devant sa porte ». Toute âme qui s’abaisse par le péché abaisse le monde et abaisse l’Église. Toute âme qui s’élève par la grâce élève le monde et élève l’Église. Par mes efforts personnels de conversion, je contribue aussi à rendre l’Église plus belle et évangélisatrice. Nous avons 40 jours pour accueillir la lumière resplendissante de Pâques. Entrons résolument dans un esprit de conversion pour que notre joie soit parfaite.

+ Père Vincent GUIBERT