Édito du 23 et du 30 décembre 2018

La joie de Noël :
accueillir le Sauveur

Notre société française est déboussolée et souffre d’une incompréhension généralisée. Notre pays, pendant ces deux derniers siècles, a cru sortir de l’espérance chrétienne par la grande porte : c’est-à-dire, en accédant à la « véritable » espérance, celle d’un bonheur apporté par le progrès technique, par le démantèlement de la religion et l’athéisme philosophique, sans rien dire des formes plus contemporaines de cette même aspiration à la félicité… Oui, ces idéologies se sont présentées comme de grandes espérances, et avec leur chute, nous retrouvons aujourd’hui nos contemporains inquiets et sans avenir.

Fort justement, notre Archevêque, Mgr Michel Aupetit écrivait le 5 décembre dernier : « La conscience de Dieu le Père qui nous apprend à nous ‘aimer les uns les autres’ a façonné l’âme de la France. L’oubli de Dieu nous laisse déboussolés et enfermés dans l’individualisme et le chacun pour soi ». Le désenchantement actuel et les attaques terroristes viennent nous confirmer la nécessité que nous avons d’un Sauveur. Il vient pour nous sauver de notre individualisme consumériste et de notre violence intérieure.

L’Enfant de la crèche renverse nos logiques et nos attentes. Vivre Noël, c’est se laisser secouer par sa surprenante nouveauté. Dieu se fait homme, l’Emmanuel est le Dieu-avec-nous, qui vit avec nous, qui chemine avec nous. En cet Enfant-Dieu, nous pouvons renaître à nouveau parce que nous sommes habités par un amour plus grand que nous, l’amour d’un Dieu qui a pris notre condition humaine afin d’élargir nos horizons, afin de nous montrer le chemin d’une réelle fraternité et de paix entre nous.

+ Père Vincent Guibert