Édito du 20 janvier 2019

Le vin nouveau

Il y eut un mariage à Cana. 

Nous connaissons bien cette histoire. D’un manque de vin Jésus va passer à la surabondance d’un vin exceptionnel. Ce sera son premier miracle. Mais, s’agit-il seulement d’un vin de haute gamme ?

Devenus insensibles à la richesse du langage sémitique, nous sommes de moins en moins habitués aux symboles. Pour Jésus, il n’en était pas ainsi. Dès qu’il entendit sa mère lui parler de vin, des images bibliques vinrent à sa mémoire. Le vin est un des éléments les plus importants dans la Bible pour annoncer la Nouvelle Alliance de Dieu avec les hommes : « Voici venir des jours – oracle du Seigneur – où se suivront de près laboureur et moissonneur, le fouleur de raisins et celui qui jette la semence. Les montagnes laisseront couler le vin nouveau, toutes les collines en seront ruisselantes. » (Am 9, 13). Ou encore : « Le Seigneur de l’univers préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin de viandes grasses et de vins capiteux, un festin de viandes succulentes et de vins décantés. » (Is 25, 6). Jésus profite ainsi d’une situation très concrète pour nous dire qu’il est le Messie d’Israël et qu’il accomplira la Nouvelle Alliance.

Mais ce qui est magnifique dans cet épisode de Cana est que Jésus n’est pas resté au niveau du symbole. Ce vin nouveau était aussi un vrai vin (d’ailleurs excellent) qui a mérité les éloges du maître du repas : « Tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant » (Jn 2, 10).

Seigneur, donne-nous de vivre dans la joie de la Nouvelle Alliance dans laquelle tu nous as fait entrer. Mais fais-nous aussi apporter notre service concret à tous ceux que tu mets sur notre route, comme tu fis en jour à Cana, lors de ce mariage.

+ Père Francisco DOLZ