Édito du 17 mars 2019

Le Carême et notre corps

« Le Christ transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux », nous dit saint Paul en ce deuxième dimanche de Carême. Il est étonnant d’entendre une telle promesse pour notre corps alors que nous vivons ce temps fort de jeûne et de pénitence. C’est peut-être parce que la grandeur de notre corps ne vient pas du fait que nous le nourrissons bien, mais du fait que c’est avec notre corps que nous nous donnons aux autres par amour.

L’évangile ne nous dit pas autre chose. Quand les disciples ont contemplé Jésus transfiguré sur la montagne ils l’ont vu parler avec Moïse et Élie sur sa Passion. Alors que Jésus leur apparaît avec un corps de gloire, il parle de ce qu’il vivra à Jérusalem quand il se livrera par amour pour nous. La gloire de Jésus n’est autre que celle de s’offrir corporellement pour nous, afin de nous réconcilier avec Dieu.

Toutes ces belles considérations nous invitent à descendre de la montagne et à revenir à notre vie quotidienne et concrète. Alors nous pourrons nous demander en vérité : est-ce que je vis aussi cet amour de Jésus réellement pour les autres ? Est-ce que ma présence aux autres est véritablement un don d’amour avec mon corps ou bien je me sers de mon corps seulement pour ma propre gloire ? Offrir son corps pour les autres peut être fait de bien de manières : passer du temps avec un ami, accompagner une personne seule, offrir un sourire à quelqu’un, donner un coup de main à mon voisin. Le Christ transfiguré passe par là aujourd’hui. Il dit ainsi à travers les chrétiens que nous sommes que sa gloire est celle de se donner par amour, avec son corps.

+ Père Francisco DOLZ