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Message des évêques de France

aux catholiques et à tous nos concitoyens

 

 

Prière sainte Geneviève

 

 

L’édito de Mgr Benoist de Sinety

du 12 mars 2020 sur RCF

Comment vivre en chrétien devant l’épidémie de coronavirus ? En ces temps incertains, il nous faut veiller sur autrui comme Dieu veille sur nous et ne pas nourrir l’anxiété et l’angoisse.
Il est toujours déroutant de constater que, parmi le petit nombre de catholiques qui vivent dans notre pays, il en est qui s’enferment progressivement dans une vision de plus en plus paranoïaque. À chaque annonce, à chaque événement, les mêmes surenchérissent de théories du complot à base de « on nous cache quelque chose » ou « en fait la raison de tout ça c’est qu’on nous veut du mal »…
Ainsi, certains voient dans le virus qui menace d’étendre sa contagion à l’ensemble de la planète un moyen de faire taire l’Église en suspendant la célébration des messes. Ils oublient sans doute, ceux-là, que lors de la peste de 1576, saint Charles Borromée, alors archevêque de Milan, a émis des directives pour contrôler l’épidémie. Et ces directives, qui ont d’ailleurs sauvé la ville, étaient précisément de fermer les églises, d’organiser des hôpitaux de fortune et d’inviter les plus fortunés à dépenser leur argent pour fournir nourriture aux pauvres et aux malades.
Les événements tragiques que nous vivons, s’ils nous rappellent à notre commune condition d’être mortels, doivent être pour les chrétiens un avertissement et une mise en garde. À l’heure du repli sur soi, nous devons plus que jamais, être attentifs aux cris de nos frères. Si l’on ferme les lieux publics et si l’on interdit les rassemblements, cela doit nous obliger à trouver des moyens différents pour prendre soin de notre prochain. Le pape François le rappelle, lorsqu’il invite les prêtres italiens qui ne peuvent plus présider publiquement la célébration eucharistique, à se rendre auprès des malades quoi qu’il puisse en coûter à leur propre santé.
Oui, il est temps de manifester de manière solennelle que nous portons plus que nous-mêmes et que nous reconnaissons en notre prochain cette vie divine dont nous parlons si facilement. Accaparé par le souci de lui-même et de sa bonne santé, l’homme riche ne voit plus le pauvre à la porte de sa maison qui n’a pour soigner et panser ses blessures que la langue râpeuse des chiens errants. Au cœur des tempêtes que traversent nos sociétés, il nous faut vivre et pas juste parler. Faire tout son possible pour protéger la santé de ceux qui m’entourent est la moindre des choses.
Cela ne suffit pas : il nous faut veiller sur autrui comme Dieu veille sur nous. Prendre soin, ne pas laisser seul, ne pas nourrir l’anxiété et l’angoisse, mettre la paix là où l’inquiétude semble régner, être porteur de joie là où rien ne semble pouvoir s’y prêter… Nul ne peut prédire ce que les semaines et les mois à venir nous réservent. Nul ne sait la réalité du drame qui se joue peut-être en terre d’Afrique ou dans d’autres pays où le matériel hospitalier et les dépistages médicaux sont inexistants. Mais ce que nous savons déjà c’est que si, là où nous sommes, nous ne mettons pas à profit ce temps présent pour aimer comme le Christ, alors les hommes qui ne le connaissent pas n’auront aucune raison d’écouter demain des paroles qui ne se traduisent pas en actes

 

Messes dominicales suspendues jusqu’à nouvel ordre

Message de l’archevêque aux fidèles du diocèse et aux personnes de bonne volonté

concernant l’attitude à adopter face à l’épidémie du coronavirus.   (Extraits)

« Qu’as-tu fait de ton frère ? »

       Nous traversons une période difficile à laquelle nous n’étions pas préparés. En ces temps troublés, il est bon de rappeler l’indispensable fraternité qui seule fonde une authentique nation. A la tentation du sauve-qui-peut et de la suspicion généralisée, les chrétiens doivent se rappeler qu’au cours des siècles ils ont eu à cœur d’accueillir la demande du bon samaritain : « Prends soin de lui » (Lc 10, 35). Dans les grandes pandémies du passé, ils ont été en première ligne pour être fidèles à cette demande du Christ, souvent au risque de leur vie. Nous ne pouvons pas répondre comme Caïn : « Suis-je le gardien de mon frère ? », quand Dieu lui demande : « Qu’as-tu fait de ton frère ? » (cf. Gn 4, 9).

C’est aussi par souci des fidèles qu’il m’a fallu prendre des décisions de prévention élémentaire pour nos églises. Nous avons à transmettre la grâce divine, pas les virus qui ne viennent pas des dons de Dieu mais de la fragilité de la condition humaine. Cette décision est extrêmement douloureuse car l’Eucharistie est bien la source et le sommet de la vie chrétienne. Les chrétiens se réunissent depuis toujours le dimanche pour fêter la Résurrection du Seigneur. Les prêtres continueront de célébrer tous les jours. Le Christ, notre grand prêtre, à la fois celui qui offre et celui qui est offert, continuera par leurs voix à présenter à Dieu ce grand sacrifice d’amour pour le salut de tous les hommes. Les fidèles baptisés pourront s’unir dans une communion spirituelle et s’engager à vivre le dimanche une prière en famille ou en petits groupes autour de la Parole de Dieu.

Notre foi nous pousse aussi à implorer la miséricorde divine. Puisque cette année notre diocèse fête les 1600 de la naissance de sa sainte patronne, j’invite tous les chrétiens et les hommes de bonne volonté à réciter chaque jour et jusqu’à la fin de la pandémie la prière à Sainte Geneviève du diocèse de Paris. Elle a su, par sa consécration, son courage et sa prière, sauver les parisiens des plus graves fléaux. Au-delà de notre ville nous la solliciterons pour que le Seigneur écarte de nous le mal, accueille les défunts, protège les malades et veille sur ceux qui les soignent. Jusqu’à Pâques, j’invite aussi les fidèles à vivre un jour de jeûne tous les mercredis. En effet, le Christ nous a révélé que c’est la prière et le jeûne qui, ensemble, viennent à bout des plus grandes épreuves.

Chers frères et sœurs, chers amis, nous vivons dans l’espérance et nous n’avons pas peur des vicissitudes de la vie et des dangers qui peuvent survenir. Cependant, en raison de notre responsabilité vis-à-vis de tous et de notre devoir de servir le bien commun, nous prenons ces très graves décisions en croyant vraiment que cela nous donnera un amour plus grand de l’Eucharistie et nous rendra plus fidèles à la participation à la messe quand le temps sera venu.

« Les yeux fixés sur Jésus-Christ, entrons dans le combat de Dieu ». En vous redisant toute ma sollicitude pastorale, particulièrement pour les plus souffrants, je prie le Seigneur de vous bénir.

+ Michel AUPETIT, Archevêque de Paris le 13 mars 2020