Conférences bibliques 2004-2005 "Une approche des psaumes"   (1)

Note: (les notes sont visibles dans le texte en y positionant la souris)

INTRODUCTION


Le recueil des Psaumes comprend 150 poèmes : nous ne pourrons évidemment en approfondir qu'un nombre limité au cours de nos dix rencontres de cette année 2004-2005.
Rappelons d'abord, afin de parler tous du même texte, qu'il y a deux manières de numéroter les Psaumes : celle de la Bible en hébreu et celle des Bibles en grec et en latin. Voici le tableau de correspondance entre ces deux numérotations :
Hébreu
1 à 8
9 et 10
11 à 113
114 et 115
116
117 à 146
147
148 à 150
Grec et latin
1 à 8
9
10 à 112
113
114 et 115
116 à 145
146 et 147
148 à 150
Ce rappel nous sera utile car nous utilisons tous les deux systèmes. En effet, le Psautier liturgique, les Lectionnaires de l'Eglise catholique, ainsi que les mensuels ''Prions en Eglise'' et ''Magnificat'', suivent la numérotation grecque, celle de la colonne de droite. En revanche, les Bibles en français comme la BJ et la TOB ainsi que tous les livres d'études ou de commentaires sur les Psaumes se réfèrent à la numérotation de l'hébreu, celle que j'utiliserai moi aussi.
On peut retenir comme règle simple que, dans la plupart des cas, le numéro d'un Psaume dans les Bibles en français est supérieur d'une unité à celui du Missel et du Psautier liturgique.
Je serai amené à proposer souvent une traduction différente de celle du Psautier liturgique. Les traducteurs de ce Psautier ont été obligés de respecter des contraintes de rythme et d'élégance pour faciliter la lecture et la psalmodie en commun. Une traduction d'études poursuit un but différent et peut se permettre des répétitions, des formules plus rudes, pour coller de près à l'original hébreu.
Pour ceux qui voudraient disposer d'une traduction des Psaumes fidèle au texte original, éclairée par de nombreuses notes, je me permets de conseiller, comme le fait d'ailleurs le Psautier liturgique, l'édition complète annotée de la Traduction Œcuménique de la Bible (TOB).
Je ne veux pas allonger cette introduction et je donnerai plus tard, à l'occasion de nos lectures, quelques indications concernant notamment les auteurs des Psaumes, leur datation, les formes poétiques en hébreu.
Aujourd'hui nous allons entrer dans le vif du sujet et lire ensemble deux Psaumes de confiance, les Psaumes 23 et 131. Je sais que le Ps. 23 Le Seigneur est mon berger est très connu mais j'espère montrer, à partir de ce texte familier, que les Psaumes contiennent des richesses à foison.
Nous lirons ensuite quelques Supplications, individuelles ou collectives, qui sont très nombreuses dans le Psautier : nous leur consacrerons trois rencontres.
Après les Supplications, nous étudierons, pendant deux ou trois samedis, les différents types de Psaumes de Louanges.
Nous approfondirons ensuite le Psaume 22 Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? un Psaume qui commence en supplication et s'achève en louange. En raison de sa richesse, nous y consacrerons sans doute deux séances.
Un vœu pour finir : les Psaumes peuvent sembler un sanctuaire vénérable où reposent, muets, des ossements desséchés : j'espère que nous les verrons ensemble se recouvrir de chair et de peau, se mettre debout , chanter et danser.

DEUX PSAUMES DE CONFIANCE : 23 ET 131

Au cours de notre prochaine rencontre nous commencerons l'étude des Psaumes de supplication qui nous plongeront dans univers de cris, de souffrances et de mort. Avant d'entrer dans la tempête, j'ai préféré commencer aujourd'hui notre périple dans une mer plus calme, dans des eaux plus tranquilles, celles des Psaumes 23 et 131.

LECTURE DU PSAUME 23

Le psaume comprend deux parties :

-   le Seigneur est mon berger : versets 1-4
-   le Seigneur est mon hôte (celui qui me reçoit) : v. 5-6.

        1
Chant de David.
Le Seigneur est mon berger,
je ne manque de rien.

Le psaume est précédé par une suscription qui attribue ce chant à David mais cette mention, postérieure à la composition du psaume, n'a pas de valeur historique.
Le psaume commence par une affirmation, une profession de foi : Le Seigneur est mon berger. Le titre Seigneur traduit le premier mot du psaume en hébreu, le tétragramme, les quatre lettres du Nom YHWH, révélé à Moïse. Par respect ce nom n'est pas prononcé et en hébreu, dans l'Ecriture, il est remplacé par Adonaï, par Kyrios en grec et par Seigneur en français.
Le psalmiste donne au Seigneur le titre de berger, c'est-à-dire qu'il le reconnaît pour son guide, son protecteur, son maître, et lui-même se compare donc à une brebis ou un agneau. Il est possible que le poète parle au nom de l'ensemble du peuple d'Israël dont Dieu est le pasteur, le ''Je'' du psaume serait alors collectif.
Je ne manque de rien En hébreu le verbe n'a pas de complément : je ne suis pas en manque, rien ne me faut, le S' pourvoit à tous mes besoins, ce que va expliciter la suite du psaume.

        2
Sur des prés d'herbe fraîche, il me fait reposer.
Vers les eaux du repos il me mène.

Le berger fait reposer son troupeau sur de frais herbages, d'abondants pâturages, où il trouve sa nourriture, il le conduit au bord d'eaux paisibles où l'agneau peut boire sans craindre d'être emporté par le courant tumultueux d'un torrent. Ces images prennent toute leur valeur quand on pense aux terres d'Israël souvent arides et pelées ou, parfois, ravagées par des pluies violentes qui provoquent des torrents passagers, on comprend alors l'évocation du bonheur que le berger divin donne à ses brebis : le repos dans une herbe abondante, le bord d'une eau tranquille.

        3
Il me fait revenir, il me conduit par de justes sentiers,
à cause de son nom.

Ce verset commence en hébreu par le mot ''nephesh'' qui a le sens premier de gorge "(n1) puis, comme la gorge est le lieu de la soif, du désir, ce mot a pris le sens de l'homme en tant qu'être de désir, de l'âme et, finalement, il est souvent traduit en français par un simple pronom personnel : Il fait revenir ma nephesh, il me fait revenir. Le deuxième mot de v.3 est un verbe dont le sens premier est concret : faire revenir, faire faire demi-tour ; mais qui peut aussi avoir un sens moral ou spirituel : provoquer un changement d'attitude (pensons au mot conversion qui signifie un demi-tour, pour les skieurs débutants par exemple, ou un retournement spirituel). On peut donc comprendre le début du verset de manière littérale : le berger fait revenir vers lui la brebis qui s'est égarée, Il me fait revenir. Ou bien on adopte le sens figuré : le berger ranime, restaure mon âme. Les traducteurs, obligés de choisir, adoptent le plus souvent ce dernier sens : Il restaure mon âme, il me fait revivre.
Nous allons retrouver ce jeu entre la relation berger/brebis et la relation Dieu/son fidèle dans la suite de ce verset ; en effet, le verset Il me conduit dans des sentiers de justice à cause de son nom peut être entendu soit au sens littéral : Il (le berger) me conduit par des sentiers justes (sûrs, bons) pour faire honneur à sa réputation de berger, soit au sens spirituel : Il (le Seigneur) me guide dans les voies de la justice pour l'honneur de son Nom.

        4
Même quand je marche dans un ravin à l'ombre de la mort,
je ne crains aucun mal car tu es avec moi.
Ton gourdin, ta houlette, eux me rassurent.

Après le repos paisible et les sentiers sûrs, le troupeau traverse maintenant une vallée étroite où pénètre peu le soleil, une zone où peuvent rôder des bêtes ou des voleurs, où menace la mort. La brebis ne craint rien car, dit-elle, Tu es avec moi. Le ''Tu'' apparaît pour la première fois dans le psaume, le Tu de l'intimité confiante.
Le berger a deux bâtons, un gourdin ou massue qui lui sert à se défendre contre les bêtes sauvages qui attaquent ses brebis et une houlette, une longue canne au bout recourbé sur laquelle il s'appuie et qui lui permet de guider et rassembler le troupeau dispersé. Ainsi tu me protèges (le gourdin) et tu me guides (la houlette).

        5
Tu dresses devant moi une table, face à mes adversaires.
Tu parfumes d'huile ma tête, ma coupe est débordante.

Le psalmiste passe, pour parler du Seigneur, de la métaphore du berger à celle de l'hôte (et il continue à s'adresser à lui en ''Tu'') ; il se compare maintenant à un voyageur que son hôte accueille chez lui et pour lequel il prépare la table du repas.
Les ennemis (ou l'Ennemi) ne sont pas loin, ils sont là, en face de lui, mais c'est le devoir du maître de maison de protéger ceux qui sont venus se placer à l'ombre de son toit. Tu parfumes d'huile ma tête : l'onction d'huile sur la tête (et sur les pieds) était une marque de respect et d'affection pour les invités qu'on voulait honorer ; l'huile dissipe la fatigue, soigne les brûlures du soleil, répand son parfum de joie (Ps. 133,2). Ma coupe est débordante : Tu as rempli ma coupe de vin ; le vin est, comme l'huile, un symbole de bonheur, le Seigneur fait tout pour la joie de son invité.

        6
Oui, bonheur et fidélité me poursuivent tous les jours de ma vie,
et j'habiterai la maison du Seigneur en la longueur des jours.


Le premier verset propose une image étonnante : le psalmiste est poursuivi par ''Tob'' (prononcer tov) et ''hésed'' ; tob est ce mot par lequel Dieu qualifie chaque étape de la création au début de la Genèse : Et il vit que cela était ''tob'' : beau ou bon. Le second poursuivant, ''Hésed'', la fidélité "(n2) , est un mot qui appartient au vocabulaire de l'Alliance et s'applique généralement à Dieu, partenaire fidèle et attentif dans cette Alliance. Le bonheur et la fidélité poursuivent celui qui parle dans le psaume. Le verbe peut surprendre (et les traducteurs banalisent parfois le ''poursuivre'' en ''accompagner'') car les poursuivants sont généralement des gens hostiles et dangereux mais c'est bien le sens du verbe hébreu : Je ne suis plus pourchassé que par la bonté et la tendre fidélité du Seigneur.
J'habiterai la maison du Seigneur en la longueur des jours : l'hôte divin qui m'a invité à sa table me recevra pour toute la durée de ma vie dans sa demeure. Le verbe qui commence le second verset peut aussi être compris comme je reviendrai, une forme du verbe que nous avons déjà rencontré au v. 3. Le Seigneur l'a fait revenir quand il s'égarait, l'a protégé (v.4), l'a nourri (v.5), l'a accompagné de sa grâce (v.6a) et il revient enfin finir sa vie à la maison de son Dieu, c'est-à-dire au Temple de Jérusalem. Selon la croyance de l'époque, la mort marquait la fin de l'homme mais nous ne pouvons entendre ce dernier verset sans évoquer le retour à la demeure céleste, à la maison du Père.

Le berger dans le Premier Testament

Les patriarches, Abraham, Isaac et Jacob-Israël, étaient des bergers itinérants. Moïse fut d'abord élevé à la cour du pharaon puis, obligé de fuir l'Egypte, il devint berger et faisait paître les troupeaux de son beau-père dans la région du Sinaï, comme si conduire un troupeau était une bonne préparation pour marcher à la tête d'un peuple. David aussi fut berger avant de devenir roi et, vous vous en souvenez, il était avec le troupeau de son père quand Samuel l'envoya chercher pour lui donner l'onction royale.
Dans tout le Proche-Orient ancien le souverain était appelé le berger de son peuple. Ainsi selon un texte égyptien le pharaon est " établi berger de ce pays pour garder en vie le peuple et le troupeau, ne dormant ni la nuit, ni le jour ". Les rois mésopotamiens portent aussi le titre de berger, le roi est " le pasteur élu par la divinité parmi les hommes. Il fait tout abonder, apporte la stabilité, rassemble les dispersés ". Dans l'Ecriture en revanche le titre de berger ou pasteur n'est appliqué aux rois historiques que pour les traiter de mauvais bergers. Le titre royal de berger, de bon berger, est réservé à Dieu, le seul berger d'Israël.
Ainsi Jacob-Israël à la fin de sa vie, bénissant les fils de Joseph, dit ces mots (Gen.48,15) : "Le Dieu en présence de qui ont marché mes pères Abraham et Isaac, le Dieu qui fut mon berger depuis que j'existe jusqu'à ce jour …". La période de l'Exode, depuis la sortie d'Egypte jusqu'à l'entrée en Terre Promise, a été relue comme le temps privilégié où Dieu conduisait son peuple dans le désert comme un berger mène son troupeau ; le Psaume 78, 52-53a chante ainsi :
Il fait partir son peuple comme un troupeau, il les mène au désert comme des brebis, il les guide en sûreté, ils sont sans crainte…
Pendant l'exil à Babylone, le retour du peuple vers Jérusalem est annoncé par les prophètes comme un nouvel Exode où le berger d'Israël conduira de nouveau son peuple. Voici la proclamation du second Isaïe (40, 9-11) :
Sion, joyeuse messagère, élève avec énergie ta voix,
Jérusalem, joyeuse messagère, élève-la,
ne crains pas, dis aux villes de Juda :
" Voici votre Dieu, voici le Seigneur Dieu, …
Comme un berger il fait paître son troupeau,
de son bras il rassemble les agneaux et les porte sur son sein,
il conduit vers la fraîcheur les brebis qui allaitent.

Plus loin (49, 9b-10) le même Isaïe parle encore de la tendresse avec laquelle le Dieu pasteur conduira son peuple, et le climat est proche de celui du Psaume 23 :
Le long des chemins ils auront leurs pâtures,
sur tous les coteaux pelés, leurs pâturages.
Ils n'endureront ni faim ni soif,
jamais ne les abattront ni la brûlure du sable, ni celle du soleil,
car celui qui est plein de tendresse (maternelle) pour eux les conduira,
et vers les nappes d'eau les mènera se rafraîchir.

Le texte majeur sur le Dieu berger de son peuple est le chapitre 34 d'Ezéchiel, un prophète qui a vécu en Babylonie au temps de l'Exil (587-538). Ce texte commence par une condamnation des mauvais bergers, en première ligne les rois, qui ont conduit Israël à sa ruine car ils ont préféré se servir, se faire paître eux-mêmes, plutôt que faire paître le troupeau. Ezéchiel leur dit (34,4) : Vous n'avez pas fortifié les bêtes affaiblies, vous n'avez pas guéri la malade, vous n'avez pas fait de bandage à celle qui avait une patte cassée, vous n'avez pas ramené celle qui s'écartait, vous n'avez pas recherché celle qui était perdue mais vous avez exercé votre autorité par la violence et l'oppression.
La prophétie dit ensuite que le Seigneur va prendre soin de son troupeau et le ramener sur sa terre ; elle annonce ainsi la fin de l'Exil et, au-delà, évoque aussi les temps messianiques (34,11-15) : Car ainsi parle le Seigneur Dieu : Je viens chercher moi-même mon troupeau pour en prendre soin. De même qu'un berger prend soin de ses bêtes le jour où il se trouve au milieu d'un troupeau débandé, ainsi je prendrai soin de mon troupeau ; je l'arracherai de tous les endroits où il a été dispersé un jour de brouillard et d'obscurité. Je le ferai sortir d'entre les peuples, je le rassemblerai des différents pays et je l'amènerai sur sa terre… Je le ferai paître dans un bon pâturage, son herbage sera sur les montagnes du haut pays d'Israël… Moi-même je ferai paître mon troupeau, moi-même le ferai se reposer - oracle du Seigneur Dieu. Plus loin Ezéchiel confirme la prophétie de Natan à David en annonçant la venue d'un nouveau David (34,23-24) : Je susciterai à la tête de mon troupeau un berger unique, lui les fera paître : ce sera mon serviteur David. Lui le fera paître, lui sera leur berger. Moi le Seigneur je serai leur Dieu et mon serviteur David sera prince au milieu d'eux. La fin du chapitre reprend la formule de l'Alliance (34,30) : Alors ils connaîtront que je suis le Seigneur leur Dieu qui suis avec eux et qu'ils sont mon peuple, la maison d'Israël, puis l'étend, me semble-t-il, à toute l'humanité (34,31) : Vous êtes mon troupeau, le troupeau de mon pâturage, vous les hommes (littéralement : vous, adam), Moi je suis votre Dieu - oracle du Seigneur Dieu.

Lecture du Psaume avec Israël

Nous pouvons lire et méditer le Psaume 23 en pensant à la sortie d'Egypte et à l'exode, la longue marche du peuple dans le désert, en faisant nôtre cette phrase du seder pascal, le rituel de la célébration en famille de la Pâque juive : " Dans tous les siècles, chacun de nous a le devoir de se considérer comme s'il était lui-même sorti d'Egypte…Il n'a pas seulement délivré nos ancêtres mais nous aussi."
Comme le dit le Ps. 78 cité plus haut, Il (Dieu) met en marche son peuple comme un troupeau, il les mène au désert comme des brebis… Dieu a été le berger de son peuple au cours de la longue marche dans le désert et, pendant quarante ans, comme le rappelle Moïse au peuple (Deut. 2,7) : Tu n'as manqué de rien. Et l'auteur du Ps. 23 dit comme en réponse : Je ne manque de rien.
Le vocabulaire permet de rapprocher notre Psaume et l'Exode : quand Moïse et le peuple chantent un cantique de louange après la traversée de la mer ils décrivent l'action divine avec les verbes mener et conduire (Ex. 15,13) : Tu conduisis par ta fidélité le peuple dont tu es le goël, tu le menas par ta force vers ta sainte demeure et ces mêmes verbes sont appliqués au berger aux v. 2 et 3 du Psaume
Le Seigneur a donc guidé son peuple vers des étapes reposantes et des eaux paisibles comme à Elîm où ils campèrent (Ex.15,27) : Il y a là douze sources d'eau et soixante-dix palmiers. Ils campèrent là près de l'eau.Et quand il n'y avait pas de source, le Seigneur ordonnait à Moïse de frapper le rocher (Ex.17,6) : il en sortira de l'eau et le peuple boira.
Le peuple n'a pas manqué non plus de nourriture puisque le Seigneur leur a donné quelquefois des cailles et régulièrement une nourriture tombée du ciel, la manne (Ex. 16,35) :Les fils d'Israël mangèrent de la manne pendant quarante ans jusqu'à leur arrivée en pays habité… aux confins du pays de Canaan.
Dans cette lecture à la lumière del'Exode, la deuxième partie du Psaume décrit le bonheur dans la Terre Promise, pays ruisselant de lait et de miel, où poussent l'olivier, la vigne et le blé : la table est dressée pour moi, j'ai de l'huile et du vin.
Et la fin du Psaume J'habiterai la maison du Seigneur en la longueur des jours évoque le Temple de Jérusalem qui est le terme du voyage et le pâturage où se trouvent vraiment la nourriture, l'eau et le repos.

Le retour de Babylone après le long exil a été décrit par les prophètes comme un nouvel exode, une nouvelle marche guidée par Dieu à travers le désert vers la terre d'Israël. On peut lire le chapitre 31 de Jérémie, en particulier les versets 7 à 14, où trois moments se superposent : la sortie d'Egypte, premier exode, le retour d'exil, second exode, et les temps messianiques. Comme dans le Ps. 23, le Seigneur y est présenté comme un berger (Jer. 31,10b) : Il le garde comme un pasteur son troupeau, qui guide son peuple par des lieux humides (31,9) : je les dirige vers des vallées d'eaux, par un juste chemin : un chemin uni où ils ne trébuchent pas, jusqu'à l'abondance de Sion où ils seront (31,12) comme un jardin bien arrosé. Notre Psaume peut être éclairé par ces versets de Jérémie : la vallée où planait l'ombre de la mort rappelle l'exil où Israël aurait pu disparaître si le bâton et la houlette du berger ne l'avaient guidé et rassuré. Il y a dans le Psaume un indice en faveur de ce rapprochement avec l'exode du retour après l'exil : le dernier mot du v.4 ils (ton bâton et ta houlette) me consolent ou me réconfortent est le verbe qui commence le livre du second Isaïe (Is.40,1) qui lui aussi a annoncé de la part de Dieu la fin de l'exil et le retour, recueil auquel la BJ donne le titre de ''Livre de la consolation d'Israël''.

Le Psaume 23 a été attribué à David et la tradition juive le médite en relation avec le roi David. Celui-ci a été berger dans sa jeunesse et la métaphore du berger aurait pu jaillir spontanément sous sa plume. Comme berger il avait défendu son troupeau contre les bêtes féroces avec son bâton et sa fronde. Obligé de fuir la cour du roi Saül, il a mené longtemps une vie errante, pourchassé sans relâche par Saül mais guidé par Dieu et sauvé quand il était en grand danger. David avait reçu l'onction royale (l'huile sur sa tête) et devint finalement roi de Juda et Israël à Jérusalem. L'image surprenante du v.6a s'explique bien dans sa bouche : longtemps poursuivi par des ennemis qui en voulaient à sa vie, il pouvait s'étonner de n'être plus pourchassé que par le bonheur et la fidélité. Il méditait souvent près de l'Arche et souhaitait construire une maison pour le Seigneur, un Temple auprès duquel il pourrait habiter.

Le Psaume est toujours prié par les juifs, les juifs croyants, qui y puisent un réconfort dans les périodes difficiles ; ainsi Arminjon "(n3) rapporte-t-il que Bergson, un philosophe français célèbre entre les deux guerres, écrivait dans son journal en 1941, au temps de l'occupation et de la persécution contre les juifs : ''Les centaines de livres que j'ai lu ne m'ont pas procuré autant de lumière et de réconfort que ces vers du Psaume 23'' et il en cite les v. 1 et 4. Le peuple juif sait que Dieu demeure son pasteur dans toutes ses épreuves et nous, chrétiens, pouvons prier ce Psaume avec eux car il est devenu notre patrimoine commun.

Lecture du Psaume 23 avec Jésus

Nous pouvons lire ce Psaume en le mettant dans la bouche de Jésus, en l'écoutant s'adresser à son Père. L'Agneau de Dieu dit à son Père : Tu es mon berger, je ne manque de rien. Tu me guides par le juste chemin pour l'honneur et la gloire de ton nom. Même si je traverse un ravin de ténèbres, je ne crains aucun mal car tu es avec moi. ''Qui, dit Noël Quesson, qui plus que Jésus a vécu une intimité savoureuse avec le Père dont il disait que c'était sa nourriture, sa table (Jean 4, 32.34.) : J'ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas …Ma nourriture c'est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé.''
Nous pouvons aussi lire ce Psaume non plus en essayant de faire corps avec Jésus s'adressant à son Père, mais en nous adressant à lui; il a dit en effet (Jean 10,11) : Je suis le bon berger et nous pouvons l'identifier au berger du texte. C'est par lui que je ne manque de rien. Il me conduit et, si je m'égare, il part à ma recherche jusqu'à ce qu'il m'ait retrouvé comme le raconte Luc (15, 3-7). Et quand il m'a trouvé, il me charge tout joyeux sur ses épaules et réunit ses amis pour fêter ces retrouvailles. Et il n'est pas seulement le berger du début du Psaume mais aussi l'hôte de la fin du poème avec lequel je peux partager le repas (Apocalypse 3,20) : Voici je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui et je prendrai le repas avec lui et lui avec moi.

Le Psaume de l'initiation chrétienne

Les Pères de l'Eglise ont lu ce Psaume comme une évocation des étapes de l'initiation chrétienne, une prophétie des sacrements. Le catéchumène reste d'abord dans les verts pâturages de la Parole où il reçoit l'enseignement préparatoire puis il est plongé dans les eaux pour le baptême et son âme est restaurée, revit. La ravine obscure, l'ombre de la mort, évoquent l'ensevelissement dans la mort, avec le Christ, par le baptême. La consolation ou le réconfort sont donnés par le Consolateur, l'Esprit Saint, et l'huile dont sa tête est parfumée fait allusion à l'onction de la confirmation. La table dressée est celle de l'Eucharistie et la coupe débordante est le calice du vin eucharistique. Le Psaume se termine par l'entrée dans la maison du Père.

La lecture du Psaume 23 aujourd'hui

Les réflexions qui précèdent aideront, je l'espère, à méditer le Psaume 23. Un mot encore cependant car je n'ai peut-être pas assez souligné que notre Psaume n'est pas une pastorale du style Marie-Antoinette à Trianon, décrivant sous des traits idylliques la vie du berger et des brebis qui le suivent. C'est une expression de confiance qui a d'autant plus de poids qu'elle est proclamée au sein d'un monde qui est dangereux, comme le rappelle la toile de fond du Psaume.
L'affirmation initiale a tout son prix parce qu'elle est un défi : je ne manque de rien, dit le psalmiste mais, matériellement, dans le désert, il manque de tout. Le pré d'herbe verte et l'eau tranquille sont précieux parce que le troupeau est dans une terre aride, assoiffée, sans eau. Les brebis marchent souvent dans des défilés où rôde l'ombre de la mort. La table est dressée mais l'ennemi est là, en face. Après avoir été si longtemps pourchassé, le psalmiste ne trouve plus que les mots de la poursuite pour dire qu'on lui veut du bien.
Dans cet univers hostile, neuf actions sont attribuées au Seigneur : il est mon berger, il me fait reposer, il me conduit, il me guide, il me rassure, il est avec moi, il me fait revivre, il dresse une table pour moi, il me parfume d'huile. Toutes ces images définissent le Seigneur comme celui qui prend soin de moi à tout instant.
Pour donner à la méditation du Psaume 23 un contenu concret, chacun de nous peut se retourner sur son passé et rechercher les occasions où le Berger divin l'a mené dans un pâturage pour qu'il se repose quand il était accablé, l'a conduit auprès de l'eau quand il était à bout de force, l'a tiré peut-être de l'ombre de la mort, lui a donné la joie de la fête.
Le Psaume 23 peut ainsi être la prière des instants de bonheur - dans l'herbe au bord de l'eau - ou un retour sur les joies du passé où nous reconnaissons la main du Seigneur ; il peut aussi être une proclamation de confiance et d'espérance quand tout semble perdu.

LECTURE DU PSAUME 131

Nous allons lire ensemble un autre Psaume où s'exprime la confiance d'Israël en son Dieu, un bref poème de trois versets.

1a
Chant des montées. De David.

Quinze Psaumes, 120 à 134, sont précédés de la mention : Chant des montées. L'origine du nom de cette collection est discutée : Pour les uns, ce sont des Psaumes qui étaient chantés par les pèlerins quand ils montaient à Jérusalem pour les trois grandes fêtes de pèlerinage, Pâque, les Semaines ou Pentecôte et les Tentes. Pour d'autres, les Lévites chantaient un de ces Cantiques en montant chacune des quinze marches séparant, dans le Temple, le parvis des Femmes du parvis d'Israël.

1b
Seigneur ! Non, mon cœur n'est pas hautain,
non, mes yeux ne sont pas altiers.
Non, je ne poursuis ni grands desseins,
ni merveilles qui me dépassent.

Le Psaume commence par YHWH, le Nom révélé à Moïse, que nous remplaçons par Seigneur. Suivent trois phrases qui commencent en hébreu par la même négation et qu'on peut rendre par un triple ''Non'' pour souligner leur lien. Mon cœur : en hébreu le cœur est moins le siège des sentiments que celui de l'intelligence, des projets, des décisions ; je ne suis pas hautain, orgueilleux, je n'ai pas de projets de pouvoir, de domination. Après avoir parlé de ses pensées intimes, le psalmiste parle de son attitude à l'égard des autres : Mes yeux ne sont pas altiers, je ne regarde pas les hommes d'un œil arrogant, méprisant, je ne les toise pas de haut… Il poursuit en parlant de ses actes : il ne recherche pas les grandeurs, les prouesses, les actes exceptionnels.

2
Non, mais je tiens mes désirs paisibles et silencieux,
comme un enfant sevré sur sa mère,
comme un enfant sevré sont en moi mes désirs.

Les traductions de ce verset diffèrent selon les recueils car deux mots posent problème.
Au second stique le mot hébreu ''gamoul'' veut dire bien traité, comblé, repu ou, pour les petits enfants, sevré, qui a cessé de téter sa mère. Je préfère traduire ce mot par ''sevré'' (comme Dhorme, Tournay, la TOB) car le sevrage, tardif à cette époque, implique que l'enfant a commencé à renoncer à la possessivité et qu'il attend de sa mère, plus que d'être repu de lait, d'être entouré de tendresse et d'amour.
Au premier stique figure un autre mot polysémique, ''nephesh'', que nous avons déjà rencontré dans le Psaume 23 ; je vous disais qu'il désigne au sens propre la gorge, lieu de la soif, et que de là on passe à l'homme en tant qu'être désirant, puis, d'un côté, à l'être, à l'âme ou au moi et, de l'autre, aux désirs. Il me semble que ''désirs'' (le choix de la TOB) convient mieux au climat spirituel de ce verset : J'ai calmé, apaisé mes désirs, ils sont comme un enfant sevré (dont les désirs sont moins violents, matériels, que ceux du nourrisson) un enfant sevré qui repose en paix sur le sein de sa mère. Comme cet enfant blotti contre sa mère, je repose en confiance, tout entier remis à Dieu.

3
Israël, mets ton espoir dans le Seigneur,
maintenant et pour toujours.

Le dernier verset nous donne la clé du Psaume qui est, comme souvent, à la fois personnel et communautaire; comme cet enfant qui repose dans les bras de sa mère, que cet enfant fragile qu'est Israël mette sa confiance, son espoir, dans le Seigneur, lui qui est pour son peuple tendre et présent comme une mère.
Le premier verset, le verset des ''Non'', refuse l'orgueil qui est le contraire de la confiance en Dieu, le second propose comme symbole de cette confiance l'image de la mère et de l'enfant, le troisième présente la synthèse : Israël est ce peuple dont chaque fils se confie en Dieu à jamais.

Quelques textes parallèles du Premier Testament

Je ne voudrais pas ensevelir notre petit psaume sous une avalanche de citations. Je citerai seulement, en parallèle au refus de l'orgueil du v.1, deux textes parmi les innombrables condamnations des orgueilleux dans l'Ecriture, un texte prophétique d'Isaïe (2, 9-19) : L'orgueilleux regard des humains sera abaissé, les hommes hautains devront plier et ce jour-là le Seigneur sera seul exalté…(on pourra lire la suite) et deux dictons des Proverbes : L'orgueil, l'arrogance, le chemin du mal et la bouche perverse, je les hais (8,13) et Avant la ruine, il y a l'orgueil, avant le faux-pas, l'arrogance (16,18).
Et voici deux passages qui font écho à l'image de tendresse du v.2 et présentent Dieu comme un père ou une mère veillant sur ses enfants. Osée écrit :C'est pourtant moi qui avais appris à marcher à Ephraïm, les prenant par les bras, mais ils n'ont pas reconnu que je prenais soin d'eux. Je les menais avec des attaches humaines, avec des liens d'amour, j'étais pour eux comme ceux qui soulèvent un nourrisson contre leur joue et je lui tendais de quoi se nourrir (11,3-4). Et Isaïe : Vous serez allaités, on vous portera sur la hanche, on vous caressera en vous tenant sur les genoux ; comme celui que sa mère console, moi aussi je vous consolerai (66,13).

Le Psaume 131 et le Nouveau Testament

Les thèmes du Psaume : humilité, confiance, esprit d'enfance, ont de nombreuses correspondances que chacun de nous connaît dans le NT. Je me limiterai donc à quelques brèves remarques.
Depuis que le Fils de Dieu a reposé dans les bras de Marie, cette réalité humble et courante a pris un caractère sacré, ''une révélation de Dieu est cachée dans cette icône'' (Noël Quesson).
Jésus a grandi dans un famille de pauvres du Seigneur, a refusé les tentations de la richesse et du pouvoir proposées par Satan ; il a vécu en pauvre, est entré à Jérusalem monté sur un âne, est mort en misérable sans perdre confiance en son Père.
L'Evangile nous dit que l'enfant est le modèle de l'attitude que nous devons avoir dans notre relation à Dieu. Matthieu dit ainsi (9, 3-4) : En vérité, je vous le déclare, si vous ne changez pas et ne devenez comme les enfants, non, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux.
Ce Psaume est en harmonie avec la spiritualité de Thérèse de l'Enfant Jésus qui résumait sa conception de la perfection en cette formule : "Il suffit de reconnaître son néant et de s'abandonner comme un enfant dans les bras du Bon Dieu."

Bibliographie

Je propose ci-dessous une bibliographie. Je ne cherche pas à établir une liste des meilleurs ouvrages concernant les Psaumes car les études sont nombreuses, je ne les ai évidemment pas toutes lues et certaines dépassent mes facultés d'appréciation. Je vous présente simplement une liste de livres qui m'ont paru intéressants et que j'ai utilisés pour préparer ces conférences. Certains peuvent, je crois, aider à entrer dans la prière des Psaumes. D'autres apportent des connaissances sur l'histoire du Psautier, les auteurs des poèmes, la manière dont ces textes ont été lus au cours du temps. J'ai eu recours aussi à des ouvrages qui analysent systématiquement tous les Psaumes du psautier.

Cette liste a deux finalités :
- quand je citerai un auteur, vous saurez précisément à quel ouvrage je fais allusion et vous pourrez aller le consulter pour disposer de plus d'informations.
- vous pourrez lire ou vous procurer un ou plusieurs de ces livres si vous souhaitez approfondir votre connaissance des Psaumes ou les méditer en votre for intérieur.

Les astérisques indiquent la nature de l'ouvrage :
* ouvrage pouvant aider à la prière et la méditation.
** introduction à un aspect du psautier ou vue d'ensemble.
*** analyse de tous les Paumes.


Paul Beauchamp, Psaumes nuit et jour, Seuil, 1980. *
Un livre excellent, loué par tous les spécialistes des Psaumes, plein de vues originales et stimulantes, d'une grande richesse spirituelle. Dense et à lire par petites doses mais, cependant, plus facile d'accès que d'autres ouvrages du même auteur.

Blaise Arminjon sj, Sur la lyre à dix cordes, Desclée de Brouwer- Bellarmin 1990. *
Le sous-titre de l'ouvrage en éclaire le but : ''A l'écoute des Psaumes au rythme des exercices de saint Ignace''. C'est une lecture chrétienne de 34 Psaumes, sur le mode de la lectio divina, sans prétention scientifique. Bonne introduction à la prière des Psaumes.

Noël Quesson, 50 Psaumes pour tous les jours, 2vol. Droguet et Ardant 1979. *
100 Psaumes avec leur traduction liturgique. Chacun est accompagné de 3 lectures : avec Israël, avec Jésus, avec notre temps. Une excellente introduction à la prière complète des Psaumes selon ces trois approches.

Carlo Maria Montini, Prier avec les Psaumes, 1996, trad. 2003, Ed. Saint Augustin. *
Lecture, méditation et prière de 6 Psaumes : 23, 63, 85, 16, 103, 130.

Bible chrétienne, Mère Elisabeth de Solesmes et Anne Singier, 2 volumes, 2001 *
Cet ouvrage éclaire les psaumes par des citations de l'AT et du NT à l'appui de chaque verset ; le second volume nourrit la méditation par des extraits des Pères de l'Eglise et de quelques auteurs plus récents.

Matthieu Collin, Le livre des Psaumes, Cahiers Evangile 92, Cerf, 1995. **
Ce cahier qui se présente comme un apprentissage pour " entrer dans les Psaumes " présente clairement, en un petit volume, beaucoup d'informations utiles sur les auteurs des Psaumes, leur datation, la composition du Psautier, etc. Il propose la lecture de quelques Psaumes.

Jean-Pierre Prévost, Petit dictionnaire des Psaumes, Cahiers Evangile 71, Cerf, 1990. **
Ce petit livre présente 40 mots importants des Psaumes : le mot hébreu est rappelé et les différents sens sont clairement expliqués. Très utile pour approfondir les Psaumes même (et surtout) si on ne connaît pas l'hébreu.

Jacques Trublet, s.j. Créés pour louer, La louange dans la Bible, Vie chrétienne, 1981. **
Présentation claire et vivante des différentes formes de la louange dans les Psaumes.

J . N. Aletti & J. Trublet , Approche poétique et théologique des Psaumes. Cerf, 1987.**
Analyse des structures de 120 Psaumes, de la composition des Ps. de supplication et de louange. Livre épuisé.

André Wénin, Le Livre des Louanges, Lumen Vitae, Bruxelles, 2001. **
Cet ouvrage présente les formes de la supplication et de la louange dans le psautier et les liens profonds entre ces deux formes. Il analyse de manière remarquable les Ps 1,2, 22, 148, 149, 150. Comme il s'inspire en partie, ainsi qu'il le dit lui-même, de l'ouvrage de Aletti et Trublet, il peut pallier la disparition de ce livre épuisé.

Claus Westermann, Praise and Lament in the Psalms, Edimbourg, GB 1981. **
Traduction anglaise de l'original allemand paru en 1977. Non traduit en français malgré son importance. Il montre la polarité entre louange et supplication dans le psautier et l'importance de la louange même dans les supplications.

Maria Mannati, Les Psaumes, 4 vol. La Pierre qui Vire, 1966 - 68. ***
Ouvrage épuisé, vieilli quant à la présentation des genres littéraires mais les commentaires demeurent précieux.

Robert Michaud, Les Psaumes, Mediaspaul, 1993. ***
Cet ouvrage est l'adaptation en un volume, en français, des trois gros volumes du commentaire italien de Ravasi, paru en 1988. Cette adaptation ne restitue que partiellement, dit-on, les qualités de l'original; elle présente clairement le plan et le contenu de chaque Psaume. C'est un bon ouvrage en français si on veut disposer d'un commentaire de tous les Psaumes.

Marc Girard, Les Psaumes redécouverts, 3 volumes, Bellarmin, 1984- 94. ***
Un exégète canadien né en 1945 fait une analyse ''structurelle'' des Psaumes càd une analyse du texte en surface en repérant les correspondances de mots pour faire apparaître les structures du Psaume : inclusions, parallélismes, etc. Des tableaux éclairants montrent la construction très raffinée de ces poèmes. Un ouvrage difficile mais très intéressant.

Luis Alonso Schökel, Salmos, Verbo Divino, Estella, Espagne, 1992. ***
Ouvrage paru en espagnol et non traduit. Etude approfondie de tous les Psaumes avec commentaire philologique du texte hébreu, vue d'ensemble (plan, thème .. .), analyse verset par verset. Un ouvrage remarquable.

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