Éditorial

Soumis par laurence.lucas le dim, 04/08/2018 - 17:05

Dimanche 8 avril 2018

 

Vois mes mains

Père Francisco de Borja DolzOn a souvent dit que Thomas est l’apôtre incrédule, celui qui avait besoin de voir et de toucher pour croire que Jésus était bel et bien ressuscité. Jésus lui-même lui dit « cesse d’être incrédule, sois croyant ». Mais alors, pourquoi le Seigneur accéda-t-il à sa demande « avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté » ? Parce qu’il fallait avoir vu le ressuscité pour devenir témoin de sa Résurrection.

En un certain sens, la demande de Thomas est légitime. Il ne demandait pas uniquement de voir, mais de voir les mains de Jésus transpercées par les clous, de voir son côté ouvert par la lance du soldat. Ce que Thomas demande est de voir l’amour de Dieu manifesté dans la chair de son Fils. Ce sont ces mains et ce côté qui nous disent qu’en Jésus Dieu nous a aimés jusqu’au don total de lui-même. Le côté ouvert du Christ, Nouvel Adam, renouvelle le mystère de la création du « côté ouvert » de l’homme : il est le commencement d’une communauté nouvelle et définitive entre les hommes. De ce côté ouvert jaillit le sang et l’eau, figurant les sacrements chrétiens fondamentaux du baptême et de l’eucharistie, desquels nos néophytes sont renés à Pâques. Celui qui est tout ouvert, qui se montre aux apôtres, puis à Thomas, se montre aussi par ces témoins aux chrétiens de toutes les générations. Et aujourd'hui, il se montre à nous-mêmes, et il nous dit : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ».

Sur le témoignage de saint Thomas, fixons notre regard sur les plaies du ressuscité. C’est jusque-là que nous sommes aimés. C’est là que nous connaissons qui est le Dieu qui s’est fait tout proche de nous.

 

+ Père Francisco Dolz