I - QU'EST-IL VRAIMENT UTILE de SAVOIR pour prévenir la consommation de drogues?
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A - Que se passe-t-il dans le cerveau de votre enfant?
On a appris bien des choses, au cours des dernières décennies, sur le fonctionnement du cerveau. Il y en a une qui nous intéresse particulièrement, c'est que notre organisme secrète en permanence une substance qui ressemble à une drogue, l'endorphine.
C'est une substance dont l'action "mime" celle de la morphine. Morphée: la divinité qui calme et endort. Elle joue un rôle vital car sans elle les sensations transmises par nos sens seraient intolérablement douloureuses. Elle est là pour les "filtrer", les tempérer; n'en laisser passer, en temps normal, que la quantité juste suffisante pour nous informer de ce que nos sens ont perçu, et nous permettre de réagir en conséquence.
Mais c'est un autre rôle de l'endorphine, le rôle "récompensant" c'est le terme médical - qui va surtout nous être utile. De quoi s'agit-il? Eh bien chaque fois que
l'homme réussit quelque chose qu'il a entrepris de faire, son organisme le récompense en secrétant une rasade supplémentaire d'endorphine. Et ceci qu'il s'agisse d'un simple geste comme de tenir son verre sans le renverser, ou de la réussite d'un grand projet qui nous tenait à coeur. C'est l'endorphine qui provoque alors - selon l'importance du succès remporté - une légère bouffée d'alacrité, ou encore un bonheur plus durable.
D'une certaine manière, être inondé de joie, c'est... être inondé d'endorphine!
Sans cette récompense naturelle, aurions nous pris goût à la vie? goùt à la réussite? goùt à l'action? Car de façon moins bien connue mais quelque part dans le cerveau notre organisme conserve la trace et le souvenir "d'actes récompensants", comme une saveur naturelle de la réussite, qui subsiste et imprègne profondément notre personnalité.
Et qui ne pousse évidemment pas à la recherche de compensations toxiques, bien au contraire!
Les effets, passagers ou durables, de ce mécanisme "d'auto-récompense" sont fondamentaux.
Ils éclaireront plusieurs des suggestions ci-dessous. C'est là une source naturelle et intarissable de bien-être, d'équilibre, de bonheur naturel. Elle déborde les limites inévitables des récompenses/punitions parentales. Cette force intérieure, on peut apprendre à la faire jouer au profit de l'épanouissement de l'enfant; elle le rend plus apte à trouver sa voie parmi les sollicitations de toutes sortes que la vie va lui apporter.
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"Comment puis-je savoir si mon enfant est vulnérable?"
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La question n'est pas seulement "Qui?", mais aussi: "Quand?". Car nul n'est totalement à l'abri, et, selon les périodes, chacun est plus ou moins vulnérable. Enfant, et plus encore pré-adolescent, fille et garçon plus encore, chacun traverse par moments
des phases très ordinaires de fragilité; en effet chacun doit négocier nombre d'obstacles sur son parcours. Par périodes, il peut se trouver démotivé, ou manquer de confiance en lui-même, souffrir de troubles de son insertion.
Si se présente alors une proposition de drogue, il peut se trouver en danger, et confondre le soulagement éphémère et trompeur d'un produit quelconque avec une solution durable..Ce d'autant plus que la drogue est déja présente dans son "périmètre rapproché".
B - Comment les choses se passent-elles autour de votre enfant?
dans le "périmètre rapproché" de ses contacts et échanges, là où la drogue vient au devant de lui?
Ce que l'on sait du haschich (alias cannabis, joint, marijuana. etc) permet de répondre, au moins en partie, à cette question, et c'est justement le haschich qui concerne le plus l'âge scolaire.
Le haschich circule largement autour de nos enfants. "Plus de la moitié des lycéens connait une ou, plus souvent, plusieurs personnes qui consomment des drogues illicites (dans la moitié des cas, il s'agit de jeunes du même âge). Plus du tiers des lycéens et presque la moitié dans la capitale s'en sont déja vu proposer" (1). Et la notoriété donnée aux problèmes de drogue n'a pu qu'entraîner une augmentation très sensible de ces chiffres.
La drogue n'est plus pour nos enfants une réalité lointaine; elle s'est maintenant rapprochée (cf. les chiffres de l'INSERM sur la consommation de haschich parmi les enfants d'âge scolaire
à partir de 11 ans). Certes la plupart d'entre eux fument 1 ou 2 joints...et laissent tomber, mais le tiers environ de ceux qui ont fumé en sont à leur dixième cigarette ou davantage. Ceux là sont engagés sur
une voie à risque. Car 3 à 4 % de ceux qui ont fumé une fois deviendront dépendants; et pratiquement tous les toxicomanes ont commencé par le haschisch.
Et la toxicité de celui qui circule aujourd'hui tend à augmenter.
Toute consommation de drogue - quelle que soit cette drogue - est dangereuse.
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"Dans quelles circonstances, à quelle occasion en viendrait-il à se droguer?"
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"C'est l'offre de drogue par les pairs qui induit les premières consommations"(1). Quant aux circonstances de cette première cigarette de haschich - qu'elle ait été la dernière ou non :
- "l'expérience la plus fréquente s'est déroulée au cours d'une fête, d'une réunion entre amis"(2). L'euphorie passagère procurée par le haschich passe pour une sympathique convivialité. "60% des filles ont fumé leur premier joint lors d'une boum;...ce pourcentage tombe à 27% pour les garçons. . .";
- "Beaucoup de garçons ont été initiés au lycée, par un camarade de classe";
- les vacances?: "L'occasion fait le larron";
- les spectacles? "L'on y vient avec son propre shit, car le deal est rendu difficile par la présence de plus en plus fréquente de la police";
- et aussi de temps à autre: un frère, une soeur, un cousin, le meilleur ami. Sans penser à mal peut-étre même.
"La consommation de drogues des adolescents scolarisés est peu liée à la situation sociale et scolaire, les jeunes de tous lieux et de tous milieux peuvent être concernés. Mais les plus agés, ceux qui "sortent" (café, boite de nuit, trainent dans les rues) et qui expriment une grande insatisfaction -scolaire ou familiale- sont nettement plus en risque que les autres" (INSERM).
On le dit souvent: "Les jeunes dont les parents sont séparés (par divorce ou décès) sont deux fois plus touchés que les autres". Et c'est vrai (INSERM), mais...les autres sont touchés aussi!
N.B. Les données et statistiques en ce domaine sont à prendre avec beaucoup de prudence et de réserves. Sources citées ici (en plus de l`lNSERM):
(1) INRP "Tabac, alcool, drogues illicites" 1995;
(2)Y. Laudé: "La drogue à l'école".
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"Pourquoi mon enfant en viendrait-il à se droguer?"
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Les causes immédiates possibles d'une première prise, ou des premières, sont innombrables! Par exemple:
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les autres: les camarades, convivialité du groupe; difficulté de "ne pas faire comme les autres", exemple, ou proposition innocente ou pas, d'un copain, vieux ou nouveau; désir d'être reconnu par tel groupe ou telle personne, etc. Ou n'importe qui: une rencontre, dans un groupe, dans la rue, etc.
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vous-même: et votre propre attitude: pour chercher ailleurs une chaleur qui lui manque, ou pour échapper à un conformisme trop strictement imposé; par défi, révolte, rejet de l'image qu'il a de vous, etc.
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et presque toujours: l'enfant ou l'adolescent lui-même: manque d'intérêt pour son quotidien; vague à l'âme, moment d'ennui, de faiblesse, d'excitation: manque de confiance en soi, de pratique, pour élaborer et soutenir son opinion propre; sentiment d'être mal dans sa peau; goût du risque; désir "d'épater"; sentiment d'échec ou de solitude; curiosité, envie "d'autre chose", etc.
On peut imaginer cent autres circonstances, selon les âges, les conditions de vie, etc. Elles sont trop variées pour qu'on puisse les recenser.
Aussi, en fin de compte, s'avèret-il plus utile de connaître les moyens de prévention, et de les mettre en oeuvre.
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"Les risques extérieurs: puis-je les éviter?"
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Non, car le danger peut se présenter n'importe où, et la réaction de l'enfant est en partie imprévisible.
Plutôt que de se leurrer de l'espoir d'un "monde aseptique", il faut préparer l'enfant à vivre dans le monde tel qu'il est! Et à en reconnaître les risques quand ils se présentent.
Encore n'êtes-vous pas totalement sans prise sur son propre univers, par les choix que vous faites:
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pour lui; en le guidant par:
.les amis que vous lui faites connaître;
.les questions et activités auxquelles vous l'intéressez:
.les lieux et milieux de vacances, de distraction;
.les émissions et spectacles que vous mettez à sa disposition;
.le collège ( quand... on en a le choix! ).
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ou pour vous. Juge-t-il comme vous les jugez:
.l'usage qu'il vous voit faire du tabac, de l'alcool, des médicaments....?
.votre vitesse au volant...! Une "drogue" comme une autre.
.les exemples que vous mettez sous ses yeux, les amis que vous fréquentez. Autant de références qui le structurent. Cette image, ce type d'hommes, peuvent le convaincre et lui donner envie de suivre une voie comparable - ou non!
Et puisqu'il n'est pas possible d'éliminer tout risque extérieur,
l 'essentiel, c'est d'armer nos enfants
contre ces dangers.
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II- QUE FAIRE, pour prévenir la toxicomanie?
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Ces préalables étaient nécessaires: vous verrez qu'ils éclairent l'ensemble des suggestions qui suivent.
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"Existe-t-il un moyen sûr de préserver mes enfants du risque de la drogue?"
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La réponse est clairement:
NON; pas de "recette-miracle"... N'escomptez pas de truc, de procédé infaillible: il n'y en a pas.
En existe-t-il, du reste, en matière d'éducation? A fortiori dans ce domaine, encore mal maîtrisé, où nous ne disposons pas de siècles d'expérience accumulée.
Faudrait-il, alors, ne rien faire?
Certes la drogue tue moins que la route, l'alcool ou le tabac. Mais l'enjeu, au delà des études compromises, c'est une menace pour la vie
de votre enfant, de votre famille, de vous-même. Et une somme de souffrance difficile à exprimer.
Parce que la drogue peut marginaliser, avilir, détruire; et que l'on sait un peu mieux comment en prévenir l'usage, vous trouverez plus loin
10 suggestions concrètes de nature à réduire les risques.
Leur formulation présente est sans doute encore approximative, parfois maladroite face à l'extrème diversité des situations. Mais même imparfaites elles forment "un tout" qui peut vous servir à définir
votre propre ligne de conduite. Seuls les parents peuvent les mettre en oeuvre; à vous donc de juger de leur opportunité pour vos propres enfants.
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10 suggestions, pour 10 longueurs d'avance sur la drogue
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Face aux toxicomanies, la défensive s'avère insuffisante: prendre et garder l'initiative est un atout important. D'où les 10 suggestions suivantes.
Elles sont étroitement liées à ce qu'on vient de dire sur ce qui se passe dans l'organisme de votre enfant, d'une part; et sur ce qui se passe dans son environnement proche d'autre part.
Elles rejoignent bien sur l'éducation tout court et n'en sont que des infléchissements, mais ils sont importants parce qu'adaptés aux circonstances d'aujourd'hui.
S'agissant de vos propres enfants, vous seul, d'ailleurs, pourrez juger:
- en quoi, tel ou tel infléchissement diffère de vos pratiques familiales;
- et si cet infléchissement est de nature à vous aider.
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A - LE BONHEUR "au NATUREL": une stratégie de réussites
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(lire : "Que se passe-t-il dans le cerveau de votre enfant?")
1 - LE PLEIN DE PROJETS Donner l'envie de vivre: susciter, encourager des projets à lui, qui le motivent et, si possible, l'enthousiasment; des projets adaptés aux horizons de son âge: le lendemain pour l'un, la vie entière pour un autre. Une trame dans sa vie.
2 - L'alimenter en expériences et en difficultés à sa mesure: faire en sorte qu'il ait
SON CONTENT DE SUCCES, sur lui-même et sur son univers. En plus des inévitables échecs.
3 - Aider à faire, apprendre à faire, bien plus et plus souvent qu'interdire de faire. Etre initiateur autant qu'éducateur. Et aussi
INITIER PEU A PEU AU "MODE D'EMPLOI" DE LA VIE: patience, évaluation des risques, examen de plus d'une solution et détours souvent bien utiles; quand, auprès de qui, prendre conseil; comment vivre les hauts et les bas.
4 - éveiller à la notion de
"SANTE GLOBALE", en montrant l'importance que l'on attache à l'hygiène de vie, comme aux mesures qui assurent un bien-être naturel, mental pas moins que physique.
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B - AUTONOME et RESPONSABLE; "faire comme les autres"?
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(lire d'abord: "Ce qui se passe autour de votre enfant")
5 - LE CONTACT et l'ECHANGE - Ecouter/échanger, développer un climat qui encourage à communiquer, à parler de ce qu'il rencontre de nouveau. Il est facile d'en donner soi-même l'exemple. Un tel échange, dès les soucis d'enfance et de jeunesse, peut être décisif par la suite, s'il laisse le souvenir non d'une leçon mais d'une aide effective.
6 - aider à
APPROFONDIR: favoriser, déclencher des discussions, plutôt que trancher et conclure. La dispute, même, peut être un moindre mal, et un échange qui "se gère".
7 - l'entraîner à
FORGER sa propre opinion; à la
FORMULER; à la
DEFENDRE; favoriser, encourager l'autonomie de ses choix; sans taire les nôtres, quitte à reprendre la discussion; être attentif aux "non-dits"; y revenir en temps opportun, tout en respectant son domaine secret.
8 - lui donner des repères, une boussole. Puisque le jour vient vite où le "conformisme imposé" étouffe et éloigne, c'est avant cela qu'il faut faire comprendre et, à l'occasion de cas concrets, exercer à
RECONNAITRE les valeurs auxquelles on croit.
C - ET AUSSI...
9 - DOSER SA CONFIANCE; car une confiance sans limites est aussi sans fondements...Ne pas se fier aveuglément au "ron-ron" familial ! Faire confiance n'est pas fermer les yeux.
10 - Tout ceci ne saurait se substituer aux
QUALITES DE BASE de toute éducation: stabilité et entente du couple; respect des autres, de tout autre; tendresse; attitude positive dans les périodes difficiles ou devant le malheur.
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"Qui peut m'aider à ce stade?"
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Vous n'ètes pas seul(e):
Si vous êtes dérouté(e), ne savez que faire, d'autres peuvent vous conseiller:
- tel ou tel parent, proche, ami de la famille, médecin, grand-parent, si vous les sentez "en phase" avec vous-même,
- telle association; tel ami qui en fait partie, et se trouve ainsi plus à même de vous poser les bonnes questions (
cf.§ "Pour en savoir plus": des adresses utiles );
- parfois tel professeur ou responsable de l'école, tel autre parent d'élève, pour réfléchir à ce qu'il convient de faire.
Mais c'est à vous d'agir: car qui d'autre que vous peut lancer et relancer une recherche, pour trouver des conseils, de l'aide etc?
Qui le ferait à votre place?
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"Dois-je parler de la drogue à mon enfant?"
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1 - Ne confondons pas: même 10 fois répétée
la mise en garde n'est pas la prévention, cette attitude quotidienne des parents qui prépare l'enfant à trouver sa voie parmi les nombreuses sollicitations que la vie lui présente.
Le pire serait de croire que puisqu'on "en a parlé", on a fait le nécessaire....
2 -
Informer, mettre en garde, sont indispensables aussi (comment ne pas signaler un "virage dangereux", des "sables mouvants"! ); d'autant plus que circulent aussi bien des drogues présentées comme inoffensives que des drogues très violentes. Mais le choix du moment, la manière d'en parler, ont une grande importance (
voir § "Que dire... ").
3 - Quel que soit l'âge,
il est nécessaire de répondre à toute question posée, en des termes adaptés à la maturité de l'enfant. De même et bien plus souvent,
il y a des spectacles, des circonstances, qui nécessitent le commentaire d'un adulte: mieux vaut le vôtre, même succinct; votre silence, à l'inverse, cautionnerait. Le cas échéant, reconnaître son ignorance et se renseigner (
cf § "En savoir plus").
Faut-il devancer ces questions ou ces occasions? Constatons qu'à ce jour les avis sont encore partagés. Si vous choisissez de le faire, on peut tenir compte des points suivants:
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les enfants de 6 à 10 ans sont plus spontanément réceptifs.
I1 existe,
pour les plus jeunes, des façons de parler des dangers de la drogue sans même en prononcer le mot. A titre d'exemple: dessinez un labyrinthe, un labyrinthe comme les autres avec son entrée, sa sortie, des itinéraires, mais...aucun qui permette d'aller de l'une à l'autre! Ceci familiarise avec la notion de jeu truqué, d'activité manipulée, où l'on ne peut que perdre. Le mot de drogue n'est pas prononcé, mais la notion ainsi enregistrée sera utile le jour venu (
cf. aussi, § "En savoir plus": "Drôles de nectars" etc ).
-
les pré-adolescents: les mettre en garde, si cela n'a pas été fait plus tôt, est indispensable. C'est aussi un peu plus délicat, car ils n'agissent pas toujours de façon rationnelle; ils sont souvent moins sensibles aux inconvénients lointains qu'aux impulsions du moment et, pour plus d'un, les tabous ont quelque chose de fascinant, qui pousse un jour à les transgresser, par bravade ou défi. Une explication individuelle, personnalisée, peut limiter les risques d'une présentation collective, là où l'effet de groupe, en coulisses, ne joue pas forcément en faveur du bon sens.
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"Qu'en dire, si j'en parle?"
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1 - Tout dépend de l'interlocuteur ( âge, maturité, environnement etc); il n'y a pas de réponse standard. Et aussi important que ce que vous direz seront le ton et la manière de le dire, votre manière en somme d'être parents.
2 - Chercher à faire peur serait hasardeux, car par moments le risque fascine. Exagérations, inexactitudes, peuvent à un moment critique vous rendre moins crédible. Mieux vaut
dire posément le pourquoi des interdits, pour qu'il soit enregistré.
3 - Informer sur la drogue, ce n'est pas en détailler chacun des dangers, des pièges, des produits. C'est, sous une forme ou sous une autre,
discuter bien davantage d'autre chose que de la drogue: du sens de la vie; de la vôtre; de la sienne.
Ceci étant dit, quels aspects évoquer? Chacun peut l'être, et par exemple:
- pourquoi on se drogue;
- comment être bien dans sa peau; bien "dans sa tête";
- ce qu'on peut faire quand on a un problème à résoudre;
- l'illusion de la drogue: le plaisir éphémère; les diverses conséquences; les mécanismes de l'accoutumance et de la dépendance;
- l'impuissance de la drogue à résoudre les vrais problèmes; les hauts et les bas de la vie; ces jeux où l'on ne peut que perdre;
- le pourquoi de l'interdit légal et des sanctions;
- les agissements des trafiquants (aidés consciemment ou non par le copain qui propose de la drogue) pour étendre leur clientèle.
- les sollicitations, indirectes (l'exemple, la convivialité du groupe), ou directes ("ça n'engage à rien", "c'est trois fois rien", "tous les types du groupe", "c'est super", "faut tout essayer", "pourquoi pas?", "chiche", "t'es pas capable", "minable" etc, etc);
- l'attitude à adopter dans tel ou tel cas. A qui en parler? Le rôle des parents, de l'école.
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"Comment puis-je savoir s'il se drogue?"
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On aimerait disposer d'un moyen sûr d'être fixé. Malheureusement,
les symptômes sont presque tous ambigus (hormis bien entendu les cas de toxicomanie déja avancée, qui ne sont plus du domaine de la prévention;
cf. alors : "Pour en savoir plus" ).
Ces symptômes sont ambigus parce que l'adolescence est elle-même un âge ambigu, qui provoque souvent des manifestations similaires. Et s'il convient d'être vigilant, de ne pas écarter totalement l'éventualité de la drogue, il faut surtout:
- se garder soi-même de la hantise de la drogue;
- respecter la priorité: la mise en oeuvre de mesures préventives.
Parmi les signes d'un malaise ou d'une "évolution à risque", citons:
...de simples indices:
Changement de comportement général, baisse d'intérêt pour les études, apathie, sautes d'humeur, besoin excessif d'argent, tendance à se dérober, à mentir, à aérer subitement sa chambre, à nier totalement les dangers possibles de la drogue...
..ou des symptômes plus significatifs, tels que...
le comportement se dégrade; agressivité, paranoia, échec scolaire, retards, absences, fréquentation d'amis qui ont une allure étrange ou, manifestement, se droguent; pipe, papier à rouler etc
Pour plus de symptômes, cf. "Pour en savoir plus".
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"Que faire si je m'apercevais un jour qu'il a commencé à prendre de la drogue?"
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1 - il faut tout d'abord
NE PAS PANIQUER; ne pas voir en tout petit désordre le prémice d'un grand: un pétard est un
signal, pas forcément le début d'un cataclysme.
2 - il faut, dans l'immédiat,
PRESERVER l'avenir; c'est à dire:
- se garder des décisions irréversibles (ou ne pas hésiter à revenir sur elles).
- maintenir écoute et contact; ou s'appliquer à les rétablir. Être disponible; écouter; essayer de comprendre ce qui a conduit là. Ne pas accabler l'enfant lui-même, mais se prononcer sans ambiguïté sur la drogue et son usage. Faire entendre qu'on est là pour aider.
3 - il faut en même temps
PRÉPARER l'avenir, càd. prendre conseil, sans retard, car cela appelle, à coup sûr, une action conséquente et réfléchie. Douleur, réserve, angoisse paralysent trop de parents; cela est dangereux.
Il est temps de rechercher conseil et assistance ( auprès d'un proche, d'une association, de quelqu'un qui saura vous poser les bonnes questions) et
d'approfondir vos connaissances sur les suites à donner.
Mais ceci déborde l'objet de cette note, limité à la prévention (
cf. :"pour en savoir plus ").
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"Et au plan politique, que faire?"
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I1 serait paradoxal et dangereux que le point de vue des parents ne soit pas pris en compte autant qu'il le mérite; encore faut-il que ceux-ci se manifestent.
Les Associations de Parents d'élève, du fait du nombre de leurs membres, ne sont pas sans poids et sont à même d'exercer une action collective si leurs membres les approuvent en cela.
I1 en est de même des Associations spécialisées.
A titre individuel, il appartient à chaque citoyen d'intervenir ou non - auprès de ses représentants élus, comme auprès des administrations, des médias, etc, pour faire valoir son opinion et ses choix en tant que parent.
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Pour en savoir plus et pour être aidés
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Drogue-lnfo-Service: gratuit et anonyme, 24h/24;
tél: 0.800.23.13.13
- De nombreux ouvrages et dossiers peuvent donner des informations et des suggestions utiles ( ils sont pratiquement tous réunis à la
librairie du Centre DIDRO (149 rue Raymond Losserand, 75014 Paris; tél. 01-45.42.75. 00), où l'on pourra vous conseiller dans votre choix ).Par ex:
- des livres pour enfants: "Drôles de nectars", "Attention, danger!";
- des outils adaptés à la prévention chez les plus jeunes;
- des exemples de ce qui a déjà été expérimenté;
- des suggestions sur le thème de la vie saine;
- des adresses utiles.
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Informations sur INTERNET
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La Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie (MILDT)
La MILDT propose des informations juridiques et médicales sur les drogues : lois,
soins, prévention, effets, risques, dépendances.
CNID :
Comité National d'Information sur la Drogue :
Drogue-Danger-Débat : Un site-portail internet entièrement dédié au débat sur la drogue
La Luciole "
La drogue, parlons-en"
Mission EDT :
Mission pastorale d'information sur la drogue
AMESD : Association "
Action des Mères pour une Enfance Sans Drogue"
STOP A LA DROGUE" : Apolitique et aconfessionnelle,
l'association "STOP A LA DROGUE" à été fondée en novembre 1996 par des parents soucieux d'impliquer les élèves, les parents et les enseignants dans un processus actif de prévention.
Lutte contre la drogue sur DOCTISSIMO : informations sur les produits et leurs effets, mais aussi sur les facteurs de risque et les facteurs de protection.
Si vous avez besoin de conseils, ou d'aide pratique, vous pouvez aussi vous adresser notamment:
- Inter Service Parents: pour Paris: 01-44.93.44.93.
pour la province: renseignements au 01-44.93.44.70
- à votre mairie, qui peut souvent indiquer les organismes de prévention ou d'assistance du quartier;
- à l'école, au collège, au lycée: les Comités d'Environnement Social;
- à de nombreuses associations dont la liste peut être consultée sur Minitel (pour Paris: 3615 ASSOPARIS ).
Dossier réalisé à partir du document de M.Vieillard En collaboration avec C.Holland (Responsable du Département Prévention, Centre DIDRO, de l'Association DROGUE & JEUNESSE, Association reconnue d'utilité publique), et le Père de Parcevaux (UNAFALT, Union Nationale Familiale de Lutte contre la Toxicomanie, Ass.1901 agréée par le Ministère de la Jeunesse
et des Sports). Mai 97.