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LE PROBLEME DU MAL (Si Dieu est bon, pourquoi le mal et la souffrance ?)
Le stoïcisme : A la suite de Zénon, les stoïciens, dont les plus célèbres sont Marc Aurèle et Sénèque affirment que tout est commandé par une Raison impersonnelle qui commande tout l'univers. Pour éviter la souffrance ils s'efforcent de détacher la volonté des affects de la sensibilité. Cette " indifférence " conduit à maîtriser le désir , à ne rien désirer que ce qui advient. On ne veut pas changer le monde mais transformer ses propres aspirations. Telle est la condition du bonheur : l'apatheia (absence de sensibilité).
Le Bouddhisme : En 600 environ avant Jésus-Christ, le prince Siddartha de la famille Gautama découvre avec intensité à l'âge de 29 ans les misères humaines : la maladie, la vieillesse, la souffrance et la mort. Cette expérience l'amène à quitter sa femme et son fils pour vivre la vie de religieux errant à la recherche d'une voie de délivrance. A l'âge de 35 ans il atteint son illumination personnelle (bodhi) et devient un illuminé (bouddha). Il enseigne une voie du salut, non métaphysique, mais thérapeutique à la manière d'un médecin :
Il fait un diagnostic : la souffrance est universelle. Il établit l'étiologie (la cause) : l'origine de la souffrance est le désir ou la soif (tanhâ). Cela comprend la soif de vivre, soif de pouvoir, soif de plaisirs sensuels, soif d'éternité etc… Il cherche la guérison : la cessation de la souffrance. Pour guérir le mal et obtenir la cessation de la souffrance, le bouddha répond en supprimant le désir. Le remède radical c'est le Nirvâna qui n'est pas une sorte d'extase, mais l'abolition de la soif ou du désir. Dans l'état de Nirvâna, le désir est éteint et l'homme trouve la délivrance. Il échappe ainsi au Samsâra
Il met en place la Thérapeutique :
L'Hindouisme La croyance au Samsâra (que le Bouddha reprend) entraîne une acceptation de sa condition. Car la grande loi du Karman veut que le poids des actes laisse physiquement sa trace et conditionne l'état de réincarnation. Si la vie est dure, c'est parce qu'on a fait de mauvaises choses dans sa vie antérieure. Si cette loi permet de maintenir la paix sociale (les castes inférieures ne se révoltent pas) et de susciter une conduite exemplaire (pour obtenir une vie plus belle à sa prochaine réincarnation), elle fige l'homme en face du mal et ne l'incite pas à se battre pour l'atténuer ou l'abolir.
L'Islam Islam veut dire soumission absolue à la volonté de Dieu, laquelle est inaccessible à l'homme. Sourate III, 17 " La religion de Dieu est l'islam (soumission) " "Dis à ceux qui disputeront avec toi : Je me suis entièrement résigné à Dieu " (sourate III, 18). L'expérience religieuse n'est pas une relation personnelle, mais la confrontation avec un Absolu inconnaissable qui décide du Bien et du Mal selon un arbitraire qui échappe totalement à l'homme. Car " Allah est le plus grand ". La distance entre Allah et l'homme est si grande que l'homme est réduit à l'état " d'esclave de Dieu (Abdallah). Le destin heureux ou malheureux est subi et la liberté de l'homme n'y a pas de place. Le message coranique présente un doctrine de la prédestination qui ne dépend que de la volonté divine. Mektoub : " tout est écrit ".
La philosophie Au VI è siècle avant Jésus-Christ le philosophe grec Héraclite montrait comment le mal n'était pas réduit à lui-même. C'est la guerre qui fait apprécier la paix, la maladie qui fait apprécier la santé etc…
De nombreux dictons populaires à travers le monde décrivent la souffrance comme nécessaire à l'éducation. Les grands auteurs s'y sont mis également : " Nul ne se connaît tant qu'il n'a pas souffert " (Alfred de Musset) " L'homme se découvre quand il se mesure avec l'obstacle " (Saint Exupéry) Les philosophies de l'Histoire montrent la nécessité d'étapes intermédiaires pour un bien plus grand. Hegel parle de la Raison (divine ou divinisée ?) qui oeuvre dans l'histoire et qui se sert des ambitions des conquérants (César, Alexandre, Napoléon) pour conduire son entreprise. Marx décrit l'histoire comme une succession de renversements dus aux libérations des opprimés par les oppresseurs. D'où l'inversion permanente puisque les opprimés d'hier sont les oppresseurs d'aujourd'hui. Ce qui s'est avéré vrai, malgré son bel optimisme, de la classe prolétarienne quand elle a institué le paradis communiste qui aurait dû arrêter le processus. Le rêve d'une société aboutie aurait justifié toutes les souffrances de l'histoire La science Les biologistes montrent que la souffrance existe chez les êtres vivants à partir d'un certain degré de développement organique. La souffrance permet de se défendre quand on est attaqué. Par exemple, lorsque l'enfant qui ignore les dangers du feu met sa main dans la flamme, la souffrance l'oblige à retirer sa main immédiatement avant que les tissus soient détruits.
C'est un signal d'alarme
Pendant longtemps on a essayé de répondre à la question du mal par : La philosophie du réel. Partant du fait que seul le bien existe, ou plus exactement que ce monde est ordonné au Bien. C'est la réponse d'Aristote, disciple de Platon. Il existe une harmonie du cosmos où tout est finalisé vers le Bien (considéré comme une valeur absolue). Le comportement de l'homme (son agir moral) est un ajustement à ce Bien. Il en résulte que tout être est bon du fait de son existence même. Le mal est donc pour ce philosophe (et aussi pour la théologie chrétienne de St Thomas d'Aquin) le manque ou la privation d'un bien. Par exemple la cécité qui est l'absence de la vue. L'œil qui est fait pour voir est ordonné au bien qu'est la vue. Le mal est ici clairement un manque. Pour cette philosophie le mal n'est pas une réalité en soi, mais une ABSENCE DE BIEN. Le verre est fait pour être plein de liquide. Le vide, même partiel, est considéré comme une absence de remplissage. Le mal est cette incomplétude de bien. L'homme est fait pour être en bonne santé. La maladie n'est que la perte ou la diminution de cet état physiologique normal. L'homme est fait pour vivre en paix, la guerre n'est que l'absence de cette paix. La création est faite pour être harmonieuse et son déséquilibre est l'absence de cette harmonie naturelle. Il en résulte que sur le plan moral un être n'est jamais mauvais
par ce qu'il est, mais par ce qu'il n'est pas. Certains objecteront qu'on peut vouloir le mal. Le mal n'est pas voulu comme mal mais le choix de l'intelligence naturellement portée vers le bien par sa nature même choisit un bien inférieur en le préférant à un bien supérieur. Le mal est alors la privation de ce bien supérieur. On a voulu le bien inférieur malgré le mal (manque) qu'il va entraîner. Par exemple un enfant qui veut se gaver de bonbons et à qui sa mère dit "tu vas te rendre malade", s'il persiste à avaler ses bonbons va être malade. Il n'a pas choisi d'être malade, mais s'est tourné vers le bien qu'est le plaisir de sucer les confiseries, sans vouloir l'indigestion qu'entraîne l'absorption des bonbons. Cette philosophie positive est celle adoptée par le christianisme. Au fond c'est déjà l'optimisme biblique dès le début du Livre de la Genèse puisqu'il y est dit de la Création "Dieu vit que cela était bon". Et l'homme qui est créé " très bon " n'introduira le mal que par un acte de refus de ce bien ordonné proposé par Dieu à sa liberté. L'homme et la femme se sont privés du bien supérieur qu'était l'intimité divine pour un bien inférieur mais séduisant : le fruit de la connaissance du bien et du mal. Toutes ces affirmations montrent, à juste titre que Dieu n'a pas voulu le mal.
Cependant il nous faut approfondir l'analyse pour tenter d'éclairer le scandale du mal chez ceux qu'il atteint douloureusement ; Nous devons avant tout préciser quelques définitions pour se faire comprendre. Il est courant d'utiliser le mot douleur pour qualifier ce qui concerne la sensation douloureuse physique. C'est le produit de notre système nerveux et de la sensibilité. Le mot souffrance est plus généralement appliqué à la douleur morale. Pour toujours clarifier notre exposé, nous pouvons distinguer trois sortes de mal : LE MAL METAPHYSIQUE
Il tient à ce qu'est l'homme. Comme tout être vivant l'homme est soumis au vieillissement et à la mort corporelle. Ce processus est commun à tous les êtres vivants et marque seulement les limites naturelles du créé. Ce n'est pas ce mal qui provoque le plus de scandale immédiat.
Cependant l'homme semble depuis toujours avoir du mal à accepter ses limites naturelles. Sa quête d'éternité, ses révoltes envers Dieu sont souvent le produit de ce refus.
La Bible a longtemps cherché la réponse puisque les hébreux n'envisageaient au commencement que le schéol comme Au-Delà. C'est ce lieu qui, sans être le néant, est loin de la vie terrestre et surtout de Dieu. Ce n'est que tardivement vers le IIè-IIè siècle avant Jésus-Christ que la foi en la résurrection va devenir largement majoritaire chez les juifs. Par la résurrection du Christ, nous savons que la finitude corporelle n'est pas le dernier mot de l'homme, encore moins le dernier mot de Dieu. Le Christ au jour de Pâques montre que la mort, même dans son aspect charnel, est vaincue ; Nous sommes faits pour vivre éternellement en Dieu, corps et âme. L'humanité retrouve ce pour quoi elle a été appelée à l'existence : le bonheur éternel. LE MAL MORAL
Ce mal vient de l'action des hommes : crimes, guerre, vols, pauvreté, racisme. L'expérience commune montre que l'homme est capable du meilleur comme du pire. Les animaux le savent bien qui fuient l'homme, seul prédateur dangereux pour la planète, mais savent venir vers lui lorsqu'ils sont blessés ou en état de détresse. Le meilleur : Il peut choisir le bien et se mettre au service des autres par amour. C'est le chemin proposé par Jésus-Christ :
L'amour, qui est le véritable moteur d'une telle action, est avant tout un élan du cœur et le don de soi. C'est sortir de soi pour l'autre : " Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime " (Jean, 15, 13) Mais on n'a jamais pu obliger quelqu'un à aimer par la contrainte, par l'argent ou par toute autre forme de coercition. Comme le dit le Cantique des Cantiques dans la Bible : " Si quelqu'un donnait tout l'avoir de sa maison en échange de l'Amour, à coup sûr, on le mépriserait " (Cantique 8, 7) Nous pouvons tirer une première conclusion fondamentale : Pour aimer il faut être libre
Cette liberté donnée à l'homme est présentée dès le début de la Bible :
Une question vient alors à l'esprit : S'il faut que l'homme soit libre pour aimer, pourquoi choisit-il de ne pas aimer ? HESNARD, grand psychanalyste français, affirme que l'instinct fondamental de l'homme, c'est la nécessité d'affirmer sa valeur à ses propres yeux et aux yeux des autres. La dépression, maladie dont le risque majeur est le suicide, est la certitude intérieure de ne posséder aucune valeur personnelle. L'homme a cette exigence de croire en sa propre valeur.
C'est ce désir inouï de grandeur qu'on appelle vanité et qui est décrite dans la Bible comme la poursuite des choses vaines. " Vanité des vanités, tout est vanité " (Qohelet 1, 2) La plupart des actes humains sont ainsi qualifiés : " vanité et poursuite du vent "
C'est la rivalité, la compétition qui conduit à la haine, la violence, la destruction et même la guerre quand il ne s'agit plus d'individus mais de peuples ou d'ethnies. La réponse chrétienne est donnée par le Christ
Oui, l'homme est grand, non par rapport aux autres, mais en lui-même. Le Christ Jésus (Dieu incarné) se met à genoux pour laver les pieds de ses disciples. Lui , Dieu, est à genoux devant la grandeur de l'homme. Le Christ meurt dans des souffrances et des humiliations inouïes sur la croix.
Il meurt par amour pour toi : il te révèle ta grandeur
" Même les cheveux de votre tête sont tous comptés " Matthieu 10, 30 Jésus ne vient pas nous révéler que Dieu seul est grand, que nous ne sommes rien devant lui, qu'il nous humilie et nous écrase. NON, il vient révéler la grandeur de l'homme. Dieu est Amour. En lui, il y a communion d'amour entre le Père, le Fils et l'Esprit Saint. C'est à cette communion que nous sommes invités. Nous l'avons déjà cité : l'amour c'est tout donner (Jean 15, 13). Au lieu de tout ramener à soi pour affirmer sa grandeur, nous sommes conviés par Dieu à une dépossession totale. En donnant tout, nous pouvons tout recevoir, car il y a de la place pour accueillir la vie et la grandeur de Dieu. Nos vies sont transformées lorsque nous pouvons dire comme Saint Paul : " Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi " (Galates 2, 20)
Ce MOI n'est plus le centre du monde. Il est décentré dans le Christ, source de tout bien et de tout amour, qui habite en moi : " Si quelqu'un m'aime, mon Père l'aimera et nous ferons chez lui notre demeure " (Jean 14, 23) Alors, seulement, l'homme devient source de toute bonté et atteint sa stature personnelle, sa vraie grandeur. Il se libère de ses chaînes (dans lesquelles il s'est lui-même enfermé) et, puisant en Dieu la force d'aimer, il connaît son infinie valeur et la grandeur de sa vie, de ses actes, de tout son être. Dans l'homme se joue un conflit entre AMOUR et PUISSANCE
La volonté de puissance sépare de Dieu et conduit à la mort (Gn 2, 17 ; Gn 3, 19) L'amour lié à Dieu fait déjà participer à sa Vie que la mort biologique ne fera pas cesser. LE MAL PHYSIQUE
C'est le mal sans une cause logique qui tienne à la nature de l'homme C'est ce mal physique, exprimé par la souffrance et la douleur incompréhensible, qui entraîne le plus grand scandale. Pourquoi l'innocent souffre t-il ? Pourquoi la mort d'un enfant ? Pourquoi la maladie, les épidémies les catastrophes naturelles ? Nous avons déjà rapporté la réponse des scientifiques relativement à cette question. Mais cette réponse revient à prendre l'ancien adage : " on ne fait pas d'omelette sans casser des œufs ". Pour beaucoup elle n'est pas une consolation. Que l'humanité pour survivre et se développer doive passer par une série d'obstacles n'empêche pas de se poser la question éternelle : pourquoi moi ? Pour continuer notre réflexion, nous allons voir comment la Bible a appréhendé cette question Dans l'Ancien Testament : La souffrance est une malédiction. La souffrance est toujours prise au sérieux
La souffrance est un scandale Pour préserver la toute-puissance de Dieu les prophètes n'hésitent pas à imputer à Dieu la survenue du malheur ou tout au moins son acceptation. Amos : " Arrive t-il un malheur dans une ville sans que Dieu en soit l'auteur ? " Amos 3, 6 ; Ex 8, 12-28 ; Is 7, 18 Les réactions ne se font pas attendre : " Dieu n'est rien " ; " Il n'y a pas de Dieu " (psaumes 10, 4 ; 14, 1). C'est la tentation de l'athéisme, du néant, de l'absurde. Et la femme de Job va plus loin encore " Maudis Dieu " Job 2, 9 Devant la souffrance indicible on voit comment le refus ou le rejet de Dieu peut être une véritable tentation. Le fatalisme n'est pas biblique et la révolte face à Dieu ou le cri vers Dieu espèrent toujours une réponse. Pour trouver une explication plausible, en innocentant Dieu, la théologie biblique explique le mal par le péché : " la méchanceté cause la ruine du pécheur " (Proverbe 13,6). Aussi dans Isaïe 3, 11 ; Si 7, 1. C'est aussi la démonstration des amis de Job que celui-ci réfute. Et puis la récompense promise au juste dès ici bas, n'est pas vérifiée dans les faits. " A qui sème la justice, la récompense est assurée ". Cette phrase des proverbes (Pr 11, 18) est gravement contestée. On constate la mort du juste et le succès de l'impie (Psaume 73(72) ; Job 21, 28-33 ; Amos 5, 19). C'est la déroute de la justice (Ha 1, 2-4 ; Ml 2, 17 ; Psaume 37(36)). C'est là les grands procès des hommes contre Dieu (Job ; Ps 44 ; Ps 73) Mais jamais l'homme biblique ne cède au désespoir
La souffrance est un mystère Le même psaume 73 (72) qui critique l'injustice de Dieu, annonce " le jour où j'entrais dans le mystère, je compris leur destin " Alors le peuple élu va chercher une réponse dans une valeur possible de la souffrance :
La souffrance substitutive : C'est alors que va apparaître cette figure étonnante du serviteur souffrant d'Isaïe. Les quatre chants du serviteur vont nous présenter cette figure qui représente le peuple entier et qui va porter sur lui la souffrance du monde. Dans le quatrième chant (Isaïe 53, 9-12), celui qui est lié à Dieu et qui, par amour de Dieu et de ses frères, souffre, peut par là même, leur ouvrir le chemin de la vie. " Or, c'étaient nos souffrances qu'il portait et nos douleurs dont il était accablé " "il nous rend la paix et par ses plaies nous sommes guéris " (Isaïe 53, 4-5) La vie et la mort ne sont plus seulement inutiles et absurdes, mais permettent à l'homme de prendre conscience de sa vie, de sa valeur, de vivre davantage, de goûter chaque heure de sa vie, de juger des véritables valeurs , de communier avec Dieu et avec ses frères pour sortir de soi et aimer parfaitement. Dans le Nouveau Testament Il y a identification du Christ et du serviteur souffrant Jésus est vainqueur de la souffrance
Jésus transforme la malédiction attachée à la souffrance
La souffrance du Christ Quand Jésus annonce sa Passion, il dit " Il faut " (" dei " en grec). La souffrance du Christ est réelle. Son agonie est la manifestation de la réalité de sa souffrance humaine. Il faut que l'humanité du Christ soit révélée comme sa divinité fut révélée à la Transfiguration. Ce n'est pas la souffrance du Christ qui est importante, c'est l'amour avec lequel il a traversé cette souffrance dans son humanité. Il n'est pas un lieu qui ne puisse être habité de la présence et de l'amour de Dieu. Même la mort et la souffrance si contraires à la nature divine deviennent par l'Incarnation du Christ demeure de Dieu. Quand nous subissons la souffrance, celle-ci prend toute la place. Nous devenons souffrance, nous devenons notre douleur. Dans le Christ la souffrance n'évacue pas l 'Amour qui est la substance même de Dieu. Jésus au comble de la douleur, pardonne à ses bourreaux, sauve le bon larron, nous donne le seul trésor qu'on ne peut pas lui prendre sur Terre : l'amour de sa Mère. La souffrance des disciples Il n'y a pas d'illusion possible. La Résurrection n'abolit pas la souffrance. Comme Jésus et Marie dont la souffrance fut effective, le disciple ne sera pas épargné. " Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se charge de sa croix et qu'il me suive " (Mt 16, 24) L'ère messianique est un temps de tribulations (Mt 24, 8 ; Ac 14, 22 ; 1 Tm 4, 1) Les disciples ne se déroberont pas. On ne devient pas chrétiens pour échapper au sort commun. Ga 2, 20 : " Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi ". Le Christ aime dans le chrétien, le Christ souffre dans le chrétien. Rm 8, 18 : " Si nous souffrons avec lui, avec lui nous serons glorifiés " Ac 5, 41 : " Pierrre et Jean étaient tout joyeux de subir des outrages pour son nom " Col 1, 24 " Je complète en ma chair ce qui manque aux souffrances du Christ pour son corps qui est l'église "
Dans l'état primitif décrit dans la Genèse, l'homme vivait en communion heureuse avec Dieu. L'arbre de la connaissance du Bien et du Mal n'est pas pour l'homme. C'est une prérogative de Dieu. Discerner, épiloguer, philosopher sur le Bien et le Mal est un artifice humain. Décréter ce qui est Bien ou Mal est inaccessible à l'homme. Dieu seul en connaît le sens profond. A l'homme est demandé la confiance en Dieu, l'harmonie avec lui, la communion d'amour. Quand Jésus vient, il ne donne aucune explication sur la souffrance. Son action ressemble à cette devise du médecin de la " Dame aux Camélias " d'Alexandre Dumas Fils : " Guérir quelquefois, soulager souvent, consoler toujours ". Sa vie à travers l'épreuve et la souffrance est le seul éclairage donné : Le pardon, l'amour fou de Dieu, la confiance absolue " non pas ma volonté, mais la tienne " dit-il à Gethsémani, assuré que Dieu ne peut vouloir que le Bien que nous ne voyons ni ne connaissons. Pour le chrétien il n'existe donc que cette réponse : Combattre la souffrance par l'amour
En Jésus-Christ, l'Amour a triomphé du Mal. Ce n'est pas sur le mal qu'il faut disserter, c'est sur l'amour pour en emplir nos vies et nos actes. Le problème du chrétien n'est pas le Mal, le problème du chrétien c'est l'Amour et comment en vivre. Le mal ne peut que le provoquer à aimer davantage. Sinon c'est le mal qui aura le dernier mot Or, en Christ, c'est l'Amour qui a le dernier mot |