Conférences bibliques 2003-2004
Sommaire

" L'histoire de David "    (11)

LE CONFLIT ENTRE LES ROYAUMES
DE JUDA ET D'ISRAÊL


La situation après la mort de Saül (II Samuel 2, 1-11)

Nous avons interrompu en Mai dernier l'histoire de David après la mort du roi Saül tombé, avec Jonathan, en combattant les Philistins au mont Guilboa. En apprenant la mort de Saül et de Jonathan, David chanta en leur honneur une élégie funèbre : il célébrait la mémoire des deux héros et exprimait la peine profonde que lui causait la disparition de son ami Jonathan.

Le livre de Samuel décrit ensuite la situation nouvelle, après la mort de Saül, en trois séquences, 1-4a, 4b-7, 8-11 qui, toutes les trois, reprennent dans leur dernière phrase les trois mots ''David'', ''roi'' et ''maison de Juda'' : l'auteur marque ainsi l'importance de l'accession de David au trône et le lien entre ces séquences.

Première séquence (1-4a) : David devient roi de Juda.
David demanda au Seigneur : " Dois-je monter dans l'une des villes de Juda ? " et le Seigneur répond en un seul mot : Monte ! David demande encore : " Où dois-je monter ? " Le Seigneur dit : " A Hébron. " David, comme il le fait avant toute décision importante, ne manque pas de consulter le Seigneur (par l'intermédiaire du prêtre ou du prophète). Et le Seigneur qui est toujours à ses côtés lui répond.
David monte aussitôt à Hébron avec ses deux femmes, Ahinoam d'Izréel et Abigaïl, femme de Nabal de Karmel. David fit également monter ses compagnons, chacun avec sa famille, et ils s'installèrent dans les villes d'Hébron. La troupe de David (dont le rôle de chef est rappelé : il ''fait'' monter) comptait de l'ordre de six cents hommes : avec les familles ce sont donc quelques milliers de nouveaux habitants qui viennent s'établir dans la région d'Hébron et ils se répartissent en plusieurs localités.
David a déjà des liens avec cette région ; en effet il a épousé Abigaïl dont le premier mari avait de grandes propriétés au sud d'Hébron, il a aidé les gens de Juda en combattant les nomades des confins du désert qui y opéraient des razzias et, plus tard, en leur envoyant des parts du butin pris aux Amalécites. Reconnaissants, les gens de Juda vinrent et là ils oignirent David comme roi sur la maison de Juda.
L'onction que Samuel, guidé par Dieu, avait donné à David en I Samuel 16 trouve ainsi un premier accomplissement : David devient roi de Juda, le choix des hommes rejoint le choix de Dieu.

Deuxième séquence (4b-7) : David remercie les gens de Yabesh.
David est informé que ce sont les gens de Yabesh de Galaad qui ont enterré Saül. Le narrateur nous a dit (I Samuel 31,11-13) qu'ils sont venus de nuit chercher les corps de Saül et de ses fils cloués au rempart de Beth-Shean et leur ont donné une sépulture mais David ne le savait pas. Quand il l'apprend, il envoie une délégation remercier les gens de Yabesh pour ce geste de fidélité et de loyauté. Il les exhorte à rester fermes maintenant que leur protecteur est mort et termine en les informant : la maison de Juda m'a oint pour être son roi.
Ce geste a aussi un but politique : en adressant cet hommage au courage et à la loyauté des Yabeshites qui ont rendu les derniers honneurs à la dépouille du roi Saül, David se présente comme le successeur naturel de Saül, celui qui est chargé de défendre sa mémoire. La séquence suivante va parler du royaume concurrent établi sur l'Israël du nord dans lequel est comprise la cité de Yabesh : ce message est comme un coin enfoncé pour préparer une extension vers le nord du royaume de David qui ne comprend pour l'instant que la province de Juda, une manière discrète de conseiller aux gens de Yabesh de ne pas trop se lier au pouvoir du nord.

Troisième séquence (8-11) : Abner impose un roi en Israël.
Abner, fils de Ner, chef de l'armée de Saül, avait pris Ishboshet, fils de Saül, et l'avait fait passer à Mahanaïm. Il le fit régner sur Galaad, Asher, Izréel, sur Ephraïm et Benjamin, bref sur tout Israël.
Quelques précisions d'abord sur les personnages. Abner est un cousin du roi défunt, le fils de Ner, frère de Quish, le père de Saül. Il était le chef de son armée et nous l'avons rencontré plusieurs fois au fil du récit : ainsi David se moque de la manière dont Abner assure la sécurité du roi quand il vient de nuit prendre la cruche et la lance de Saül. Ishboshet est un fils de Saül dont on n'a pas encore parlé et nous apprenons qu'il n'est pas mort avec le roi à Guilboa comme ses frères. Ce fils est appelé tantôt Ishbaal et tantôt Ishboshet mais il s'agit du même personnage : Ish-Baal signifie Fils du Maître, c'est à dire à l'origine fils de Dieu, mais le nom de Baal a peu à peu été utilisé pour désigner uniquement le dieu cananéen de la fertilité et, pour éviter cette allusion à un faux dieu, le nom est parfois corrigé en Ish-Boshet, ''Fils de la honte''.
Le général Abner veut assurer son propre pouvoir et Ishboshet n'est entre ses mains qu'une marionnette comme le montre le choix des mots : il ''prend'' Ishboshet et les deux verbes au hiphil (forme verbale factitive en hébreu : exprimant la notion de ''faire faire'') il le ''fait passer'', il le ''fait régner''. Abner installe donc son protégé à Mahanaïm1 en Transjordanie car les Philistins sont trop dangereux sur l'autre rive et il en fait un roi dont l'autorité devrait s'étendre sur Galaad, à l'est du Jourdain, sur Asher, une tribu établie en Galilée, sur Izréel, la plaine au nord du mont Carmel, puis, plus au sud, sur les territoires de tribus du centre, bref comme le dit le texte sur tout Israël. Le règne de Ishboshet ne durera que deux ans et le temps que David passa à Hébron comme roi de la maison de Juda fut de sept ans et six mois.

Une journée de combat : la bataille de Gabaon (II Sam. 2,12-32).

Le début du chapitre 2 présentait la situation des fils d'Israël après la mort de Saül : David devient roi de Juda au sud mais, au nord, Abner fait monter sur le trône d'Israël un fils de Saül et ces deux royaumes ne vont pas tarder à s'affronter. (2,12) Abner, fils de Ner, et les serviteurs d'Ishboshet, fils de Saül, sortirent de Mahanaïm en direction de Gabaon. Gabaon est une ville située au sud du territoire de la tribu de Benjamin, à quelques km au nord de Jérusalem, c'est à dire près de la ligne de séparation des deux royaumes. (2,13) Joab, fils de Tséruya, et les serviteurs de David sortirent aussi et ils se rencontrèrent près du bassin de Gabaon.
Tséruya est une sœur de David, mère de trois fils, Joab, Abishaï et Asahel qui sont donc les neveux de David ; Joab entre en scène ici comme chef de l'armée de Juda ; son frère Abishaï accompagnait David la nuit où celui-ci s'est approché de Saül endormi ; cet Abishaï voulait clouer le roi Saül au sol avec sa lance fichée à son chevet ; il va participer au combat de Gabaon ainsi que le troisième frère Asahel.
Les deux armées se rencontrent près d'une citerne ou bassin et s'installent, ceux-ci d'un côté du bassin et ceux-là de l'autre côté du bassin.
Les deux groupes entament des pourparlers et, pour prévenir un combat fratricide, chacun aurait pu rester sur son territoire ou même reculer un peu pour éviter les incidents de frontière. Mais Joab fait une proposition qui est acceptée par son vis-à-vis : (v14-15) " Que les garçons se lèvent donc et qu'ils joutent devant nous. " Et Joab dit : "Qu'ils se lèvent ! " Ils se levèrent et on les compta : douze pour Benjamin et pour Ishboshet, fils de Saül, et douze des serviteurs de David. Joab propose donc que chaque camp choisisse quelques champions qui lutteront au nom de tous pour décider de l'issue du combat. Cette coutume nous rappelle la tragédie de Corneille, Horace, dont l'argument est emprunté à Tite-Live, qui raconte le combat des Horace et des Curiace chargés de trancher le conflit entre Rome et Albe. Et, plus près de nous, Abdelkader aurait proposé au duc d'Aumale de finir de cette manière le combat entre la France et l'Algérie. En formulant sa proposition Joab dit littéralement : Que les jeunes jouent devant nous (comme s'il s'agissait d'une rencontre sportive !) ; la traduction qu'ils joutent (Dhorme et TOB), évoquant les tournois, rend bien l'expression de Joab ; dans la bouche de ce combattant aguerri, le mot est un euphémisme qui vise à occulter la cruauté de la guerre.
La rencontre des champions des deux camps est décrite en moins d'un verset : (v2, 16) Ils empoignèrent chacun la tête de son rival et chacun mit son épée dans le flanc de son rival si bien qu'ils tombèrent tous ensemble. L'auteur ne se soucie évidemment pas de réalisme dans la description de cet engagement mais l'image de ces vingt-quatre hommes qui s'étripent mutuellement et périssent tous exprime de manière frappante la cruauté et l'absurdité de la guerre.
La situation symétrique qui résultait du face à face des deux camps n'est pas dénouée, le combat des champions n'a pas permis de décider du sort du conflit et toutes les forces en présence doivent entrer dans la bataille : (v17) Le combat devint extrêmement rude en ce jour-là. Abner et les hommes d'Israël furent battus devant les serviteurs de David. Nous apprendrons plus tard, au verset 30, que les pertes du camp d'Abner ont été beaucoup plus lourdes que celles des soldats de David mais le récit quitte le plan général et se focalise longuement sur un incident particulier de la bataille.
Les trois fils de Tseruyah participent à la bataille : Joab qui commande l'armée de Juda mais aussi Abishaï et Asahel. Et l'auteur énonce d'entrée la qualité principale d'Asahel : il avait les pieds légers comme l'une des gazelles sauvages (ce qui rappellera aux hellénistes l'épithète qu'Homère donne à Achille dans l'Iliade : Achille aux pieds légers). Et Asahel va mettre en œuvre ce don en se lançant à la poursuite d'Abner : (v19) Asahel se lança à l'arrière d'Abner sans dévier ni à droite ni à gauche de l'arrière d'Abner. (v20) Et Abner se tourna vers l'arrière et dit " Est-ce bien toi, Asahel ? " Et il répondit : " C'est moi ! " Abner sait bien qui le pourchasse mais cette question est une manière d'établir un contact puis il poursuit : (21) " Détourne-toi à ta droite ou à ta gauche, prends pour toi l'un de ces jeunes gens et prends pour toi sa dépouille. " Le narrateur nous avait dit au v.19 que le poursuivant, Asahel, ne déviait ni à droite ni à gauche. Les mêmes mots sont mis dans la bouche d'Abner et notre attention est ainsi alertée : l'obstination d'Asahel à foncer sans vouloir infléchir sa course ne peut que le conduire à la mort. Abner n'a pas peur d'Asahel et ce n'est pas la crainte qui le motive, il est convaincu, à juste titre, qu'il le vaincra sans difficulté mais il prévoit que s'il abat ce frère du général du camp adverse, neveu de David de surcroît, il va provoquer de la colère, un désir de revanche, ce qui pourrait contrarier le projet qu'il a déjà de négocier un jour avec ses adversaires. On notera que ce n'est pas le souci d'éviter de verser le sang qui motive Abner puisqu'il suggère très clairement à son poursuivant de tuer un Benjaminite de son camp (le camp d'Abner) et de s'emparer de ses dépouilles : il est prêt à payer sa tranquillité de la mort d'un de ses compagnons d'armes.
Asahel refuse de suivre ce conseil et s'obstine à suivre Abner : Mais Asahel ne voulut pas s'écarter de l'arrière de lui. (v22) Et Abner recommença encore à dire à Asahel : " Ecarte-toi de mon arrière ! Pourquoi t'abattrai-je à terre et comment alors pourrais-je lever ma face vers ton frère Joab ? " (Joab est général du camp de Juda). (v23) Mais Asahel refusa de s'écarter et Joab le frappa au ventre avec l'arrière de sa lance et la lance sortit par l'arrière de son corps. Après plusieurs tentatives pour se débarrasser d'Asahel, Abner ralentit brusquement en gardant sa lance horizontale et Asahel s'empale sur cette lance qu'Abner tient solidement : l'arrière de la lance (son talon comme dit la BJ) s'enfonce dans son ventre si fort qu'elle ressort par derrière. Il tomba là et mourut sur place. En arrivant à l'endroit où Asahel était tombé et était mort, tous s'arrêtaient. Les deux frères d'Asahel eux ne s 'arrêtent pas mais, au contraire, se mettent à leur tour à courir derrière Abner jusqu'à la fin du jour.
Au verset 25 le récit revient à une vision d'ensemble du conflit : Alors les fils de Benjamin se rassemblèrent derrière Abner et se formèrent en un seul faisceau et se tinrent au sommet d'une seule colline. Abner a donc réussi à regrouper ses hommes poursuivis par les soldats de Juda et ils forment le carré sur une éminence ; de là, dans la nuit, Abner appelle Joab et dit : (v26) " L'épée va-t-elle dévorer éternellement ? Ne sais-tu pas qu'il n'y aura qu'amertume dans l'après (l'arrière) des jours ? Jusques à quand éviteras-tu de dire à tes hommes de revenir de derrière leurs frères ? " Abner demande en somme à Joab d'ordonner un cessez-le-feu et souligne le côté fratricide de cette guerre comme si son adversaire en était le responsable. (v27)Joab dit : " Si tu n'avais pas parlé, c'est dès ce matin que les hommes auraient renoncé à être derrière leur frères. "
La plupart des traductions (BJ, TOB, Dhorme…) comprennent que Joab dit qu'il aurait poursuivi Abner jusqu'au matin suivant si celui-ci n'avait pas parlé à l'instant en proposant d'arrêter le combat. La version proposée ici (qui est celle de la tradition juive) suppose que le matin dont parle Joab est le matin du jour qui vient de se terminer et les paroles d'Abner rappelées par Joab sont alors celles du verset 14, quand Abner avait proposé de trancher le conflit par l'intermédiaire des champions des deux camps. Les deux traductions peuvent invoquer de bons arguments grammaticaux mais il me semble improbable que Joab ait envisagé de continuer le combat dans l'obscurité, après une journée de poursuite, dans une région au relief tourmenté. On peut noter que la responsabilité des protagonistes n'est pas la même selon le parti adopté mais nous y reviendrons en conclusion.
Joab accepte la proposition d'Abner : il sonna du shofar et tous les hommes s'arrêtèrent. Ils ne firent plus la poursuite à l'arrière d'Israël et ils ne continuèrent plus à combattre.
Les derniers versets (29-32) du chapitre 2 font le bilan du combat ; d'entre les serviteurs de David il manquait dix-neuf hommes plus Asahel, alors qu'ils avaient causé la mort de trois cent soixante hommes dans le camp opposé. Les pertes du camp de David sont donc bien inférieures, dans le rapport de un à dix-huit.
Abner et ses hommes marchent toute la nuit, passent le Jourdain et reviennent à Mahanaïm. Joab repart de son côté, le corps d'Asahel est déposé au tombeau de son père à Bethlehem, ville dont David , nous nous en souvenons, est originaire ainsi que sa sœur Tséruyah, mère d'Asahel. Joab et ses hommes arrivent à Hébron au lever du jour. La lumière accueille les troupes de David à leur retour alors que les hommes de Joab marchaient dans la nuit : ce contraste a un sens symbolique et laisse présager un futur lumineux pour le roi de Juda.

Avant de quitter la bataille de Gabaon, je voudrais essayer de tirer, même de ce récit de sang et de violence dont Dieu est absent, quelques réflexions.
Le récit ne porte pas de jugement moral explicite mais dénonce l'absurdité de la guerre. Le combat des champions qui précède la bataille générale, l'affrontement entre douze hommes de chaque camp (douze comme les douze tribus !), exprime de manière symbolique l'absurdité de la guerre et surtout d'une guerre entre des hommes de même origine, tous issus de la descendance de Jacob Israël. Ces vingt quatre hommes qui s'entretuent disent par l'image qu'un tel conflit conduit à la mort de tous.
Quand le combat devient général, le récit se focalise longuement sur Asahel poursuivant Abner. Cette image aussi me semble parlante : un jeune combattant dont toute l'intelligence est, semble-t-il, dans les jambes court derrière un général, court obstinément, refuse de se détourner et finit par s'empaler sur la lance de celui qu'il poursuit car celui-ci a soudain freiné sa course. Comment mieux laisser entendre que la volonté butée de tuer l'autre conduit à sa propre mort ?

Une deuxième réflexion porte sur le mot-clé de ce passage. L'année dernière nous avions relevé qu'un mot ou un groupe de mots de sens voisin jouaient dans certaines scènes le même rôle qu'un leitmotiv en musique. Dans le texte que nous lisons le mot ''ahar'' (''arrière'' ou ''derrière'') est répété douze fois en dix versets de 2,19 à 2,28. Cette répétition n'est pas visible dans nos traductions, TOB ou BJ, qui visent à l'élégance mais en contrepartie suppriment cet effet de répétition : elles rendent ''courir derrière'' par poursuivre ou ''arrière de la lance'' par talon de la lance mais si vous vous reportez à la traduction proposée plus haut vous verrez clairement que le mot ''arrière'' revient sans cesse. Que veut nous transmettre l'auteur par cette répétition ? Ce leitmotiv pourrait nous dire que les combattants qui s'affrontent sont tournés vers le passé, vers l'arrière, au lieu de préparer l'avenir, que leurs combats sont des combats d'arrière-garde ; le fait que le verbe issu de la même racine a le sens de retarder confirme cette interprétation. Une autre interprétation est possible car le mot ahar a aussi le sens de celui qui vient après, c'est-à-dire l'autre, l'étranger, et dans ce cas la reprise du mot soulignerait que ces frères de sang se comportent comme des étrangers, se pourchassant, s'entretuant, au lieu de vivre en paix et de construire ensemble une seule nation. Les deux lectures du mot hébreu sont complémentaires car en s'affrontant comme des étrangers, des ennemis, les deux royaumes regardent vers l'arrière, poursuivent les luttes du passé et retardent la naissance du royaume où seront unis tous les fils d'Israël.

Un troisième apport d'un tel récit est de nous obliger à réfléchir sur la conduite des acteurs. Les récits bibliques sont souvent muets sur les raisons qui font agir les personnages et ne portent pas de jugement sur leurs actes. Ce silence nous oblige à assumer le rôle actif du lecteur : les lecteurs du temps passé devaient réfléchir à ce qu'il fallait faire pour assurer l'avenir d'Israël, et nous devons nous interroger sur ce qu'il faut faire aujourd'hui, dans des conflits similaires, pour l'avenir de l'Eglise et du monde.
Quel jugement pouvons-nous porter sur le personnage d'Abner tel que nous le présente l'auteur de ce récit ? Il est à l'origine de la division des fils d'Israël en deux camps puisque le faible Ishbaal n'aurait pu se lancer seul dans la création d'un royaume rival de Juda. Et c'est Abner encore qui conduit ses troupes loin de jusqu'à la frontière des deux royaumes où elles se retrouvent face à face avec les troupes de Juda. Qui a pris alors l'initiative de l'affrontement ? Abner a, on s'en souvient, proposé que chaque camp désigne des champions mais comment interpréter cette proposition ? Est-ce une démarche visant à limiter les pertes par rapport à un engagement total des deux camps ? Il ne me semble pas car le résultat du combat général a montré la supériorité écrasante du camp de David ; Abner, en militaire expérimenté, devait avoir conscience de la supériorité des forces de Juda. Le choix d'un combat par les champions pourrait être, dans les vues d'Abner, un moyen de tenter sa chance avec des forces égales et d'éviter un affrontement général qui risquait fort de tourner à son désavantage. Et d'autre part, si Abner était soucieux d'éviter une tuerie entre frères, il pouvait proposer à Joab une trêve et, par exemple, un recul de chaque camp sur son territoire. Il a choisi au contraire un combat fratricide et c'est ce que Joab lui reproche à la fin du jour quand il lui répond (v27) : Si tu n'avais pas parlé ce matin à Gabaon et proposé le combat des champions, mes hommes auraient cessé dès ce matin de poursuivre leurs frères. On peut se demander pourquoi Joab a accepté la proposition d'Abner ; la réponse est peut-être dans la différence d'âge car Abner est un cousin de Saül, du même âge que le roi défunt, alors que Joab est un neveu de David, c'est dire d'une génération après celle de David qui lui-même était déjà plus jeune que Saül. Joab a suivi les suggestions d'un homme plus âgé et expérimenté que lui.
Poursuivons notre réflexion : faut-il voir dans l'attitude d'Abner à l'égard de Asahel un souci d'éviter de verser le sang inutilement et donc un argument en faveur de son humanité? On peut en douter car Abner dit à Asahel qui le poursuit (v21): " Prends-donc pour toi l'un de ces jeunes " c'est à dire qu'il lui suggère cyniquement de s'en prendre à un de ses propres soldats. Abner veut éviter de tuer le frère de Joab pour ne pas encourir la vengeance de ce dernier, pour ne pas compromettre des négociations éventuelles avec le camp de David mais la mort d'Asahel lui importe peu.
Cette analyse peut être discutée et certains pourront prendre la défense d'Abner et présenter sa conduite sous un jour plus favorable. Quoiqu'il en soit, ces réflexions montrent l'art de l'auteur : les protagonistes de l'histoire de David ne sont pas des caractères tout d'une pièce, il n'y a pas le bon, la brute et le truand ou l'ange et la bête mais des héros complexes qui nous obligent à réfléchir, à scruter les cœurs, à évaluer les conduites humaines.

La maison de David se renforce (3,1- 5).

Selon le début du chapitre 3, les combats commencés à Gabaon se poursuivent à l'avantage du camp de David : La guerre fut longue entre la maison de Saül et la maison de David. David ne cessait de se renforcer, la maison de Saül ne cessait de s'affaiblir.
Et les versets suivants, 2 à 5, donnent un autre signe de la réussite de David : la naissance de six fils, de six femmes différentes, pendant sa période d'Hébron. Nous entendrons parler du premier, Amnon, fils d'Izréel au chapitre 13 ; le second, fils d'Abigaïl, ne sera plus mentionné ; le troisième, Absalom, fils d'une princesse royale, et le quatrième, Adonias, seront prétendants à la succession de David ; les deux derniers enfin ne joueront pas de rôle dans l'histoire.

Abner se rallie à David et au royaume de Juda (3, 6 - 21).

Pendant qu'il y avait la guerre entre la maison de Saül et la maison de David, Abner allait se renforçant dans la maison de Saül. Nous savions déjà que c'était Abner qui avait fait monter Ishboshet (qui n'est pas nommé en face de David) sur le trône d'Israël et un exemple de cette force grandissante va nous être donné. (v7) Saül avait une concubine qui se nommait Ritspa, fille d'Ayya. Ishboshet, fils de Saül, dit à Abner : " Pourquoi es-tu allé vers la concubine de mon père ? " Pour comprendre ce reproche grave, il faut rappeler que le roi avait un harem de concubines qui, à sa mort, passait à son successeur. Vouloir s'approprier une concubine du roi défunt signifiait qu'on prétendait occuper le trône comme on le voit dans les conflits pour la succession de David : Absalom exprime ses prétentions au trône de David en s'emparant de son harem et Adonias est mis à mort par Salomon pour avoir souhaité s'unir à Abishag, la dernière concubine de David.
(v8) Aux paroles d'Ishboshet, Abner entra dans une grande colère et dit : " Suis-je une tête de chien ? Aujourd'hui j'agis avec fidélité envers la maison de Saül, ton père, envers ses frères et ses amis. Je ne t'ai pas livré dans la main de David. Et tu me fais grief à cause de cette femme, aujourd'hui ! Les paroles d'Abner expriment son mépris : c'est à la maison de Saül qu'il est fidèle et lui, le fils, il aurait pu le livrer et maintenant cet Ishboshet vient lui chercher des poux à propos d'une femme ! Et soudain Abner, alors qu'il vient de rappeler sa fidélité à la maison de Saül, annonce qu'il va changer de camp : (v9) Que Dieu en fasse ainsi avec Abner et pire encore, si ce que le Seigneur a promis par serment à David, je ne le fais pas pour lui, (v10) enlever la royauté de la maison de Saül et dresser le trône de David sur Israël et sur Juda, depuis Dan jusqu'à Béer-Sheva. La proclamation d'Abner est solennelle, il commence par un serment qui appelle sur lui le malheur s'il ne tenait pas sa parole puis il en vient au contenu du serment et déclare que la promesse que le Seigneur a faite à David (promesse dont on ne trouve pas de mention précise dans le récit) lui, Abner, va la mettre en œuvre ; son retournement soudain en faveur de David n'a pas, selon lui, d'autre motif que sa volonté de réaliser ce que Dieu veut et, d'ailleurs, le verset 10 entretient habilement l'ambiguïté car " Enlever la royauté de la maison de Saül … " rappelle-t-il la volonté du Seigneur ou celle du général ? Les deux coïncident laisse entendre l'orgueilleux Abner (cette manière de revêtir l'ambition de son ego du noble manteau de la volonté divine demeure d'actualité aujourd'hui encore). Un esprit sceptique pourrait demander pourquoi ce désir de faire la volonté du Seigneur se manifeste si tard. Quoiqu'il en soit, Abner a décidé de ne plus s'opposer à David dont il a vu tant de fois Dieu favoriser les entreprises, il se rallie à David et va l'aider à unifier tous les descendants d'Israël en un seul royaume s'étendant, selon la formule habituelle, de Dan au nord à Béer-Sheva au sud.
Ishboshet n'ose pas répondre à cette déclaration et n'est même pas nommé bien qu'il y ait changement de sujet d'une phrase à l'autre : (v11) Il ne put répondre un mot à Abner parce qu'il avait peur de lui.
Abner met immédiatement en œuvre son nouveau plan : (v12) Abner envoya immédiatement des messagers à David pour dire : " A qui appartient le pays ? " Il laisse entendre par là qu'il est le vrai maître du pays et poursuit : " Conclus ton alliance avec moi et aussitôt ma main sera avec toi pour tourner vers toi tout Israël. " Il me semble que les mots dont use Abner ''Ma main sera avec toi'' évoquent ceux que Dieu emploie pour accorder son appui, Abner comme plus haut (v10) se met à la place de Dieu. David donne son accord à la proposition d'alliance d'Abner : (v13) " Bien, je ferai alliance avec toi " mais il formule une exigence : " Seulement je te demande une chose (dabar) : ne te présente devant moi que si tu amènes Mikal, fille de Saül, lorsque tu te présenteras devant moi. " (v14) Et David envoya des messagers dire à Ishboshet, fils de Saül : " Rends-moi ma femme Mikal que je me suis acquise pour cent prépuces de Philistins. " La condition posée par David lui permet de vérifier si le pouvoir d'Abner est aussi grand que celui-ci le prétend ; c'est aussi une manière d'affirmer son droit à la succession de Saül ; le roi défunt lui avait donné la main de sa fille après sa victoire sur Goliath et David avait risqué sa vie pour payer le prix demandé par Saül ; ce dernier avait ensuite rompu le mariage et repris sa fille. On comprend l'exigence de David mais, pour Ishboshet, accepter la condition posée par David, c'est renier son père Saül, livrer sa sœur à l'ennemi, admettre lui-même les droits de David au trône d'Israël : en un mot le comble de l'humiliation.
Et pourtant Ishboshet accepte et enlève Mikal au mari avec lequel elle vit depuis plusieurs années : (15-16) Ishboshet l'envoya prendre chez son mari Paltiel, fils de Laïsh. Son mari partit avec elle et la suivit en pleurant jusqu'à Bahurim (une localité à la limite sud de Benjamin, à l'est du mont des Oliviers, où passera plus tard David fuyant Absalom) Alors Abner lui dit : "Va, retourne ! " et il s'en retourna. Cette évocation nous émeut : le pauvre Paltiel accompagne d'abord sa femme, puis marche derrière elle et, enfin, est contraint de faire demi-tour car il ne peut rien contre le soudard qui le chasse. Lui comme Mikal sont des victimes de la volonté de puissance des grands qui sacrifient sans hésiter les petits et les tendres à leurs ambitions !
Abner entame une campagne en faveur de David auprès des anciens d'Israël, c'est à dire auprès des notables des régions du nord, les rallie à sa cause puis (v19) il alla à Hébron pour exposer à David tout ce qu'avaient approuvé Israël et toute la maison de Benjamin. (v20) Puis Abner vint vers David à Hébron avec vingt hommes avec lui, et David fit un festin pour Abner et pour les hommes qui étaient avec lui. (v21) Puis Abner dit à David : " Je vais me lever et m'en aller, je vais rassembler tout Israël auprès de mon seigneur le roi. Ils concluront une alliance avec toi et tu régneras sur tout ce que désire ton âme. " David congédia Abner qui partit en paix.
Abner, l'homme fort du royaume d'Israël, fait allégeance à David et lui apporte l'alliance d'Israël. L'unité des deux royaumes et la paix semblent assurées.

Meurtre d'Abner (3,22-39).

(v.22) Mais voici que les serviteurs de David et Joab revinrent d'une expédition en ramenant avec eux un énorme butin. Abner n'était plus auprès de David à Hébron puisque David l'avait congédié et qu'il était parti en paix. (v.23) Lorsque arrivèrent Joab et toute son armée, on informa Joab : " Abner, fils de Ner, est venu chez le roi et celui-ci l'a congédié et laissé partir en paix. " Joab était absent lors de la visite d'Abner et revient juste après son départ. Il n'a pas participé aux négociations ni au banquet au cours duquel a été célébré l'accord. Il a peut-être pensé que ce rapprochement avait été conclu derrière son dos, en profitant de son absence, que d'autres festoyaient pendant qu'il faisait la guerre.
Joab va trouver le roi et l'interpelle brutalement : lisons les versets 24 et 25. Joab s'exprime sans la rhétorique de cour et accuse Abner d'être venu à Hébron pour espionner David et son camp et donc pour préparer une reprise de la guerre. On note que Joab reprend l'expression que nous avons déjà entendue trois fois : Pourquoi l'as-tu congédié et est-il parti … mais sans ajouter ''en paix'' ; l'auteur nous laisse ainsi entendre que Joab n'est pas d'accord avec ce départ en paix.
Et en effet il envoie des messagers rattraper Abner qui fait demi-tour, Joab l'attend à la porte fortifiée de la ville de la ville comme pour lui parler discrètement et le frappe mortellement au ventre, là où précisément Asahel, frère de Joab, avait été frappé par Joab et l'auteur nous le précise : Celui-ci mourut à cause du sang de son frère Asahel (Abner mourut de la main de Joab pour avoir versé le sang d'Asahel, frère de Joab).
David ne savait rien comme le disait la fin du v.26 et quand il apprend la chose il dit (v.28) : " Moi et ma royauté nous sommes à jamais innocents devant le Seigneur du sang d'Abner, fils de Ner. Et il prononce contre Joab une malédiction : (v.29) Que ce sang rejaillisse sur la tête de Joab et sur toute sa famille ! Qu'il ne cesse pas d'y avoir dans la maison de Joab des gens atteints d'écoulement ou de lèpre ou qui tiennent le fuseau ou qui tombent sous l'épée ou qui manquent de pain ! "
L'auteur interrompt le récit pour répéter que Joab auquel est associé cette fois son frère Avishaï (comme dans la poursuite en 2, 24) ont tué Abner parce qu'il avait mis à mort leur frère Asahel à Gabaon, durant la guerre. Le mot clé est le mot guerre, Abner a tué Asahel au cours d'une bataille pendant une guerre et cet acte ne peut être assimilé à un assassinat commis de sang froid, pendant une période de paix. Et ce rappel prend place après la malédiction prononcée par David pour en expliquer la violence : l'acte de Joab n'a pas de justification.
Lisons les versets 31 à 36. David ordonne un deuil national : tout le peuple est appelé à prendre les marques du deuil, Joab et ses hommes marchent devant le corps d'Abner, David en pleurs marche derrière (pour prendre ses distances de Joab ?). Il chante une complainte funèbre sur Abner comme il avait chanté pour Saül et Jonathan ; Abner est mort sans avoir été fait prisonnier ni enchaîné car il a été victime de fauteurs d'iniquité, de malfaiteurs. David fait à Abner des funérailles dignes d'un roi car il avait en effet un pouvoir quasi royal. David à qui on propose de se restaurer refuse et jeûne jusqu'à la fin du jour exprimant ainsi une peine personnelle au-delà de l'expression officielle du deuil.
Que ressent réellement David ? Est-il vraiment peiné par la mort de celui qui était le général en chef des troupes de Saül qui l'ont si longtemps pourchassé ? Est-il affecté par la mort de celui qui avait suscité une royauté rivale de la sienne ? Tout ce qu'on peut dire c'est que la mort d'Abner risque de faire échouer l'unification des deux royaumes si les habitants du nord pensent que David est à l'origine de ce crime ; l'intérêt politique de David est donc, quels que soient ses sentiments intimes, de montrer qu'il n'est pour rien dans cette mort en apportant à la dépouille mortelle d'Abner l'hommage d'un deuil national et personnel.
Le résultat est atteint (v.37) : Ce jour-là tout le peuple (de Juda) et tout Israël (le royaume du nord) comprirent que le roi n'était pour rien dans la mort d'Abner, fils de Ner.
La fin de la scène (v.38-39) se déroule en petit comité, le roi parle à ses proches. Un chef, et un grand, est mort aujourd'hui, répète-t-il ; puis il parle de lui-même : " Pour moi, aujourd'hui je suis faible, tout roi que je sois par l'onction " puis il ajoute au sujet de Abner et Abishaï : " Ces hommes, les fils de Tséruya sont plus violents que moi. Que le Seigneur rende au méchant selon sa méchanceté ! " Le roi David avoue sa faiblesse (Moi aujourd'hui je suis faible…) comme s'il découvrait que l'onction qu'il a reçue ne l'a pas préparé à affronter la violence des conflits entre hommes, entre nations ; il est comme un enfant, faible et tendre, au milieu de ces prédateurs que sont Abner et Joab. Quand Joab est venu calomnier Abner, Il n'a pas compris que sa violence ne se limiterait pas aux mots. Ensuite il condamne cet acte, il prononce une malédiction mais ne fait rien pour punir le meurtrier. N'a-t-il pas assez de force de caractère pour affronter Joab ou manque-t-il de moyens pour agir, son autorité serait-elle mal assurée ? Il s'en remet à Dieu pour punir le coupable. Il me semble que la conduite de David est décevante, indigne du jeune berger qui affrontait Goliath. Nous retrouverons plus tard dans la conduite de David à l'égard de ses fils, Amnon et Absalom, ce même aveuglement face aux visées criminelles de ses interlocuteurs puis ce même manque de fermeté et de rigueur pour punir les coupables.

Meurtre d'Isboshet (4,1-12).

(4,1) Le fils de Saül apprit qu'Abner était mort à Hébron. Les mains lui en tombèrent et tout Israël en fut bouleversé. Le fils de Saül dont il est question ici est Ishboshet, ce personnage effacé que le général Abner avait fait roi sur Israël. Il est bouleversé quand il apprend la mort d'Abner, les bras lui en tombent. Tout le peuple d'Israël, ne pouvant plus compter ni sur l'homme fort du pays ni sur le roi, est affolé. Puis l'auteur introduit deux nouveaux personnages (v.2) : Il y avait deux hommes, des chefs de bandes, chez le fils de Saül, l'un s'appelait Baana et l'autre Rékab.
L'auteur abandonne Ishboshet et les deux chefs de bande ou de commandos pour nous parler d'un autre descendant de Saül, le dernier : Lisons le v.4. Nous retrouverons ce fils de Jonathan au chapitre 9 quand David l'accueillera à sa table à Jérusalem. L'auteur nous parle de lui ici pour que nous comprenions l'importance de la disparition d'Isboshet : après lui, la descendance de Saül ne comptera plus qu'un invalide, incapable d'occuper le trône.
Puis l'auteur reprend le fil de son récit1 (v.5) Donc …Rékab et Baana partirent et à l'heure la plus chaude du jour arrivèrent à la maison d'Ishboshet. Il était couché pour la sieste de midi. (v.6) Et voici que la portière de la maison avait mondé du blé, elle s'assoupit et s'endormit, et Rékab et Baana, les frères, entrèrent furtivement dans la maison. (v.7) alors qu'Ishboshet était couché sur son lit dans sa chambre à coucher. Ils le frappèrent mortellement et le décapitèrent. Puis ils emportèrent sa tête et marchèrent toute la nuit par la route de la Araba.
Les deux traîtres se présentent devant David avec la tête d'Isboshet et lui disent : " Le Seigneur a donné à mon seigneur le roi pleine vengeance en ce jour sur Saul et sur sa descendance. " Lisons la fin du chapitre (v.9-12). Les deux frères s'attendaient à une récompense mais ils sont traités comme le messager qui avait rapporté à David la mort de Saül : ils sont mis à mort car ils ont assassiné un roi et un juste. Les pieds et les mains qui ont commis le crime sont coupés et suspendus au dessus d'un lieu fréquenté pour que tous les habitants de Hébron connaissent le sort des criminels, et sans doute aussi pour que les gens d'Israël sachent que David a châtié ceux qui ont tué leur roi.
Sans que David y ait participé, le pouvoir est décapité en Israël, le roi et l'homme fort ont péri, la voie est ouverte pour son accession au trône du royaume du nord

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