« C'est l'amour que je désire »

         Si Jésus n’avait pas mangé avec les publicains et les pécheurs, il serait mort de faim !
        Il n’y a pas d’un côté les pécheurs et de l’autre les justes. D’un côté les gens bien, et de l’autre les intouchables. Maladie de l’homme de classer l’humanité en deux blocs, forcément opposés, forcément en lutte. Nos sociétés ont été minées par ces divisions manichéennes. Nous pouvons nous demander si nous ne faisons pas ces petits classements et pour quelle raison nous les faisons. N’y a-t-il pas une peur de l’autre, une volonté de nous rassurer sur nous-mêmes, des jugements péremptoires et finalement une vision réductrice de l’homme ?
        Jésus ne réduit pas la personne qu’il a en face de lui à un agir coupable ou à une doctrine erronée. Il se refuse à ces classements pour regarder l’homme tout entier, créé à son image et à sa ressemblance. Ce regard de Dieu sur l’homme, c’est la miséricorde qui va chercher au fond de chaque être ce qu’il y a de plus beau. Ce regard du Christ, nous sommes invités à le porter sur les autres, bien sûr, en nous laissant émerveiller par toute personne. Mais nous sommes invités à le porter sur nous aussi, en découvrant la beauté de notre nature et donc en découvrant aussi ce qui salit cette beauté originelle. Mais la peur de reconnaître son péché que l’on peut si bien reconnaître en l’autre conduit à ne plus découvrir sa vraie beauté et la beauté de l’autre.
        Depuis quand ne nous sommes-nous pas confessés ?
Père Pierre Vivarès