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Alors que des nouvelles terribles de morts et de cyclones parviennent à nos oreilles, il pourrait être déplacé de tenir des discours pieux sur l’Esprit Saint et la vie chrétienne, de rester enfermés dans notre petit univers spirituel, contemplant les réalités incréées, rassasiés des joies de l’esprit. Certains pourraient nous demander d’agir plutôt que de discourir, de mettre les mains dans le cambouis plutôt que d’élever nos âmes dans une fervente prière. Bref, certains opposeraient l’action à la contemplation, les actes à la prière, l’efficacité à l’intercession. Ce qui reviendrait à dire que l’un est utile et l’autre pas, l’un est efficace et l’autre pas, l’un est nécessaire et l’autre pas.
Eh bien, je m’oppose fortement à cette visée réductrice de la vie. La prière est aussi efficace que les cargos chargés de vivres, l’intercession est aussi utile que les hôpitaux de brousse, la célébration fervente de l’Eucharistie est aussi nécessaire que les vaccins. Car tous ces moyens touchent le corps de ceux qui souffrent, mais qui leur donnera la force d’âme pour continuer à se battre alors qu’ils n’ont plus rien ? Qui leur donnera l’Espérance pour lutter, qui leur donnera la Charité pour qu’ils ne succombent à la tentation de devenir comme des bêtes qui piétinent leur voisin pour leur voler un sac de riz ? Aucune ONG au monde ne change les cœurs, seul Dieu le peut. Considérons l’homme en entier, corps et âme, et travaillons à son salut en entier, corps et âme. Père Pierre Vivarès
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