UN PORTE-DIEU

        Dans la construction du corps de l’Eglise, nous avons chacun notre place comme pierre vivante de l’édifice. Cette maison Eglise, nous la bâtissons sans cesse : ses fondations sont les apôtres puis tous ceux et celles qui nous ont précédés et qui sont en Dieu. En méditant cette réalité – car ce n’est pas une image ou une allégorie – nous pouvons nous demander quelle place nous avons dans ce Corps qui est l’Eglise.

        Si nous pensons d’abord : « que fais-je pour l’Église ? » nous sommes sur une mauvaise piste. Cela signifie que l’Église est quelque chose d’indépendant de nous, posée en face et que nous servons de temps à autre. Les questions que nous devons nous poser sont : « qui suis-je dans l’Eglise ? », « de quoi suis-je signe pour le monde en fonction de ce que je suis dans l’Eglise ? ».

         « Annoncer les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière », c’est être signes pour le monde suivant la vocation reçue, signes d’une réalité divine. Cette réalité divine, nous pouvons la signifier car depuis l’Ascension, il est un être humain en Dieu. Le Christ ne se débarrasse pas de son corps ressuscité, né de la Vierge Marie, comme d’un objet encombrant et indigne de la nature divine. Par son ascension, l’homme est en Dieu et Dieu est en nous.

        Frères et sœurs, comme chrétiens, nous trimbalons le Bon Dieu toute la journée en ce bas monde ! La pierre vivante est ce chrétien qui s’en souvient et le signifie par les grâces qu’il a reçues au baptême, au mariage, à l’ordination, par le choix d’une vie en Dieu, avec Dieu et pour Dieu, en étant porte-Dieu.
Père Pierre Vivarès