|
Un air de fête au ton doux-amer
J'aime bien ce jour des Rameaux. Les églises se remplissent plus que d'habitude. De nombreuses personnes qui pratiquent peu se sentent aujourd'hui invitées et accueillies. Tous ces branchages que nous agitons donnent un air de fête. Nombreux sont ceux qui mettront ces branchages en évidence dans leurs maisons, ou en porteront à des amis, des malades, ou encore iront en déposer sur les tombes. Ces rameaux nous relient à tant d'autres personnes ! Ceux qui jugent la foi de l'extérieur pensent voir là une superstition. Mais ils n'ont rien compris ! Les croyants, eux, savent que ces rameaux n'ont de sens que parce que nos cœurs et nos regards sont déjà tournés vers la fête de Pâques et la joie de la résurrection de Jésus le Christ. C'est comme si nous marchions un peu de nuit, mais nous nous soutenons les uns les autres pour parvenir à la lumière du matin promis, du matin de Pâques. Pourtant, je dois reconnaître que la marche ne sera pas si facile pendant la semaine qui vient. La fête des Rameaux elle-même a un petit goût doux-amer : la foule qui à coup de « Hosanna » acclame Jésus faisant son entrée sur un âne à Jérusalem sera celle qui va crier « à mort ! » un peu plus tard. Alors, et moi, et chacun de nous, nous pouvons nous demander : cette attitude versatile, n'est-ce pas un peu moi-même ? Père Christian Clavé
|