QUELLES SONT NOS FORCES ?

         « Avec les pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham. »

        Le peuple pensait que sa filiation suffisait pour être rassuré quant à son avenir, quant à sa fidélité, quant à son salut. Jean proclame que l’on ne peut pas s’appuyer sur ses propres forces pour être sauvé mais qu’il nous faut entrer dans l’Alliance avec le Fils en produisant un fruit de justice. Et c’est bien la raison pour laquelle Jean est vêtu de poils de chameau et se nourrit de sauterelles et de miel sauvage. Ce n’est pas la teneur du régime alimentaire de Jean-Baptiste qui nous intéresse ici : c’est le signe qu’il pose – à l’image des prophètes de l’Ancien Testament – pour montrer que notre vie doit être reçue des mains de Dieu comme l’on reçoit ce que l’on trouve naturellement dans la nature.

        Jean veut nous conduire à cette conversion morale qui nous fait produire un fruit de justice et recevoir de Dieu notre foi. Nous pourrions nous dire que si nous sommes convertis nous n’avons plus grand-chose à attendre ensuite. Le travail moral ayant été fait – si tant est que l’on croit qu’il soit jamais accompli – nous serions purs aux yeux de Dieu et pourrions jouir de notre salut. Ce salut n’est pas une chose, mais quelqu’un, le Christ, qui vient faire Alliance avec nous et que nous nous préparons à accueillir en sa naissance à Noël puis ensuite à Pâques. Et cette Alliance, dans un baptême d’Esprit et de feu, est une histoire d’amour. La conversion morale ne fait que préparer et rendre possible cette histoire d’amour. Et aimer, c’est dépendre de celui qu’on aime. Laissons nos prétendues forces pour nous appuyer sur le Père et ne dépendre que de lui.
Père Pierre Vivarès