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La Sainteté, un trésor dans un vase d’argile…
Il semblerait que, suite à l'appel universel à la sainteté lancé par le concile Vatican II, le pape Jean-Paul II ait canonisé plus de saints et de saintes que tous ses prédécesseurs réunis ! Il a ainsi donné des modèles de sainteté à tous les continents, augmenter en particulier le nombre des saintes femmes et des saints laïcs, rendant la sainteté proche de tous. Mais, cette proximité, nous renverrait-elle l'image d'une sainteté dorénavant à bon marché, quittant ainsi les images d'Épinal d'une sainteté réservée à une élite triste et ascétique qui vivrait au-dessus de la condition commune de l'humanité ? Cette proximité, peut-elle nous faire oublier les difficultés, les erreurs, les échecs de la vie quotidienne qui semblent entraver notre « élévation sur les autels » ? Et même, plus simplement, que peut être la sainteté de ceux qui travaillent chaque jour à une tâche qui leur semble sans intérêt, ou qui perdent leur temps libre en transports, en « courses », en travaux ménagers insipides, et qui sont tellement « crevés », comme ils disent, le soir ou le week-end, qu'ils perdent bientôt le goût de ce qui donnait du sens à leur existence ? N’est-ce pas pour ceux-là aussi que le chemin de la sainteté doit être libéré ? Dès lors, chaque homme peut comprendre que le chemin de sainteté ouvert par l'Évangile ne s'enracine pas en dehors de son histoire très concrète d'hommes et de femmes d'aujourd'hui. Que ce chemin lui rend, nous rend accessible l'ordre de la liberté, en assumant toutes les imperfections contingentes, tous les ratés de nos vies non comme des limites ou des concessions résignées à notre humanité, mais comme faisant partie intégralement de cette histoire d'amitié et de sainteté que Dieu a proposée un jour à l'homme, don sans repentance, trésor toujours porté dans des vases d'argile. Père Christian Clavé
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