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Moutarde et sycomore.
N’en déplaise à ceux qui sont persuadés d’être indispensables, le terme grec dans l’évangile de ce dimanche signifie bien un serviteur inutile. Notre susceptibilité maladive pourrait nous inviter à dire au Seigneur « Puisque je ne sers à rien, autant rentrer chez moi ! » D’autant que le contraste est fort entre tout le travail abattu par ce serviteur et ce qualificatif inutile (traduit par « quelconque ») Mais il doit être mis en rapport avec un autre contraste au début de l’évangile : contraste entre la petite graine de moutarde et le sycomore (traduit par « le grand arbre ») Notre foi, si elle était grande comme une graine de moutarde, pourrait planter un sycomore dans la mer. Mais, franchement, n’y a-t-il rien de plus inutile que de planter un arbre dans la mer ? Notre foi a-t-elle pour but de nous faire réaliser des actions qui ne servent pas à grand chose ? Dans l’évangile de Jean, le Christ ne nous appelle plus serviteurs mais amis : l’amitié est inutile, plus largement l’Amour est inutile aux yeux d’une efficacité concrète. Il est cependant la source, la fin et le sel de notre vie. Le Seigneur nous invite à une foi qui n’est pas d’abord une efficacité de laquelle nous tirerions la reconnaissance promise aux bons serviteurs. La foi est ce rapport intime à Dieu qui nous fait vaincre toute mort. Car cette mer dans laquelle l’arbre est planté est la mort, mer sur laquelle marche le Christ, signe de sa victoire. Notre foi vainc cette mort qui semble être l’horizon – bouché – de notre existence. Père Pierre VIVARÈS
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