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LE CŒUR DE DIEU
Le père, lui, était resté père. Peut-être connaissez-vous le magnifique tableau de Rembrandt « l’enfant prodigue ». Toute la lumière de cette toile vient du visage du Père, dont les yeux sont mi-clos, usés par la fatigue de l'attente. Il était orphelin de son fils et voilà qu'il le retrouve. Pour le fils à la tête de bagnard et aux sandales éculées par le long chemin, c'est une renaissance, une résurrection. Il est là, dans le sein de son père, blotti entre ses deux mains. Il faut remarquer que, sur le tableau, une main est masculine, tandis que l'autre est féminine. Dieu est un Père qui nous aime comme une Mère, disait le Père VARILLON. Aucune possession ni domination. C’est une véritable re-création : saint Irénée parlait de Dieu le Père créant le monde de ses deux mains, le Fils et l'Esprit Saint. Cette merveilleuse parabole de l'espérance nous dit le cœur de Dieu, assez large pour nous accueillir tous. Regardez comme le Père enveloppe son fils. Observez comment ils tiennent l'un grâce à l'autre, le Père voûté s'appuie sur son fils revenu et le fils se repose dans le sein de son père. Comme si Dieu avait besoin de l'homme, de nous, pour se reposer tout comme l'homme, nous, a besoin du pardon de Dieu. Père Christian CLAVÉ
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