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CE N’EST QU’UN AU REVOIR
Le doudou, vous connaissez, c’est le petit lapin, le petit nounours, ou simplement le chiffon dont le petit enfant a absolument besoin pour se rassurer, pour effacer l’angoisse de la séparation - à l’origine, celle du bébé d’avec sa maman – Aujourd’hui, dans la rue, dans le métro, partout, on voit des adultes avec leur doudou - le téléphone portable - collé à l’oreille. Comme cela on ne se sent jamais seul. Le téléphone mobile a beaucoup d’avantages, certes. Mais sert-il à créer des liens, à diminuer la solitude, à prendre moins d’anxiolytiques dont nous sommes les champions en France ? Est-ce qu’il sert à se faire des amis ? Pour devenir amis, il faut s’apprivoiser, créer des liens. Dans le «Petit Prince » de Saint Exupéry, le Renard dit au Petit Prince : «S’apprivoiser, c’est une chose trop oubliée… On ne connaît que les choses que l’on apprivoise. » Je pense à cela, alors que nous disons au revoir au Père Joseph. Depuis trois ans déjà, nous le voyons chaque fin de semaine. Il n’a pas été facile pour lui de s’habituer à la manière de vivre, de penser à la Française. Quant à nous, il nous a fallu nous approcher de lui et le comprendre. L’apprivoisement s’est opéré. Preuve en est son bon sourire et sa question quand il nous rencontre : « Ca va ? » Preuve en est les nombreux signes d’amitié dont il est l’objet de notre part. Et puis, la présence du Père Joseph nous a ouverts sur l’Eglise de Chine et sa réalité quotidienne, ce n’est pas rien. Notre doudou en poche sur le mode silencieux, le temps est venu de nous écouter, de nous parler, de nous apprivoiser, de créer des liens, qui ont toujours les couleurs de l’éternité. Ce n’est qu’un au revoir, Père Joseph. Père Christian CLAVÉ
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