PENTECÔTE

        L’Esprit apparaît souvent comme le parent pauvre de la Trinité. Nous représentons le Christ, nous nous adressons au Père, spécialement pendant la Messe, nous méditons sur la vie de Jésus, nous proclamons, seul ou en communauté, le Notre Père. Mais notre prière est rarement tournée vers l’Esprit seul. Pourtant chaque oraison se termine par « dans l’unité du Saint Esprit », pourtant nous proclamons dans le symbole de Nicée « je crois en l’Esprit Saint (…) avec le Père et le Fils il reçoit même adoration et même gloire ». Serions-nous paresseux, oublieux ou ennuyés par la troisième personne de la Trinité ?
        En fait, comme dit Léon XIII, « si le Christ est la tête de l’Eglise, le Saint Esprit en est l’âme. » Or l’âme est le principe de vie sans lequel on ne peut rien faire. Si je prie, c’est parce que l’Esprit est en moi. Si j’écoute la Parole, c’est grâce à l’Esprit, si je vis chrétiennement, c’est par la force de l’Esprit.
        Prenons une comparaison : ce que je suis en train de lire, je ne peux le lire que parce qu’il y a de la lumière autour de moi. Or cette lumière est une présence matérielle, à la fois onde et particule, mais la lumière EST. Et cette lumière est tellement nécessaire que nous n’y faisons plus attention, sauf lorsqu’elle manque. L’Esprit est à notre vie ce que la lumière est à notre marche : tellement nécessaire que l’on n’y prend plus garde.
        Aujourd’hui, en cette fête de la Pentecôte, nous célébrons cette lumière. Alors célébrons aujourd’hui Celui qui nous permet de vivre en chrétien. Et pour une fois ne faisons pas d’économie de lumière : demandons au Seigneur de tout allumer, en grand, pour discerner dans notre vie et notre monde ce qui plaît au Seigneur et ce qui doit être converti.
Père Pierre VIVARÈS