APPELÉS, CONSACRÉS, ENVOYÉS. (2/2)

        L’évangile de la semaine dernière nous présentait le Christ à la synagogue de Nazareth, proclamant que la parole de l’Écriture s’accomplissait. Et voici que l’accomplissement de cette parole devient le lieu de la persécution car elle ne se réalise pas comme ceux qui l’entendent voudraient qu’elle se réalise. Le Messie attendu est envoyé à tous et non pas seulement à ceux de son village ou à Israël. Déjà pointe le rejet qui conduira le Christ à la Croix.
        Nous aussi, appelés, consacrés, envoyés, nous rencontrons la Croix. Combien suivent l’Évangile et l’Église lorsque cela leur plaît et s’indignent ou se révoltent dès que les exigences leur paraissent hors de propos.
        Que de commentaires journalistiques n’entendons-nous pas au sujet de l’Abbé Pierre afin de le ramener au niveau des autres, en soulignant qu’il prenait ses distances avec l’Église ou qu’il était un pauvre pécheur comme nous. Qui en doutait qu’il fût pécheur comme nous tous ? Mais commencez, Messieurs les commentateurs, à vivre sa Charité au nom du Christ avant de chercher en lui des excuses à vos propres turpitudes.
        Celui qui est envoyé au nom de Dieu rencontre la Croix, celui qui prend au sérieux sa mission rencontre l’adversité. Nulle complaisance dans ce chemin, juste la marque que l’Amour n’est pas aimé et que Dieu dérange. Mais, comme Moïse franchissant la mer avec son peuple, comme le Christ passant au milieu d’eux, nous allons notre chemin…

Père Pierre VIVARÈS