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CANA
À propos des noces de Cana, Saint Jean ne relate que le repas, pour la bonne raison que, chez les juifs, le mariage ne comportait pas de cérémonie religieuse. Le peuple hébreu étant tout entier consacré à Dieu, la religion ne pouvait jamais être séparée de la vie. Et l’on adressait à Dieu de ferventes bénédictions pour les époux au cours du repas de noces. Un incident se produisit : on manqua de vin. Cette pénurie est grave, car le vin est à la fois signe et source de joie, l’Écriture le redit souvent. Le repas de noces menace de sombrer dans la tristesse et l’ennui. Alors Jésus fait un miracle, il change l’eau en vin. Et comme il est « venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance », il ne va pas faire un miracle mesquin : il transforme en vin six cuves. Mais ce miracle n’est pas seulement éclatant au point de vue de la quantité, il l’est aussi pour la qualité. Cette eau, c’est dans les cuves des ablutions rituelles des juifs que Jésus la fait tirer. Cette eau, il ne la méprise pas, il ne la jette pas, au contraire, il la transforme en une boisson chaleureuse, tonique, réjouissante. Ainsi en est-il pour la Nouvelle Alliance que Jésus est venu inaugurer : elle accomplit, elle transforme l’ancienne. Je crois que cette transformation, cette innovation, ce progrès dans la qualité se retrouvent dans le sacrement du mariage. Celui-ci est une réalité de la nature, créée par Dieu « au commencement ». L’amour réciproque est à la base de cette union et celle-ci doit devenir encore plus profonde, plus savoureuse par l’intervention de Jésus qui fait de cette loi de la « nature » un grand mystère de la grâce, en transfigurant l’amour humain par l’amour divin. Père Christian CLAVÉ
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