VIE PUBLIQUE – VIE PRIVÉE

Jésus nous le dit : Dieu et César ne sont pas à mettre sur le même plan. À chacun, nous devons rendre la part qui lui revient : à César, les impôts, à Dieu, l’action de grâce.
Depuis 2000 ans, l’Église doit gérer cette situation pas toujours confortable pour trouver une juste place. Elle respecte les lois des pays où elle vit à condition que celles-ci ne contraignent pas la loi supérieure de la conscience.
Dans notre pays, après bien des difficultés, la laïcité permettait de bien séparer les affaires temporelles et l’espace spirituel. Depuis quelque temps, on assiste à une campagne, un peu nerveuse, pour confiner la religion dans la sphère « privée ». Or, si la vie spirituelle et la relation intime à Dieu appartiennent bien au secret des cœurs, la vie religieuse est communautaire et sociale et n’a pas à être refoulée dans l’obscurité des oratoires. Nous avons le droit d’être chrétien, de manifester ouvertement notre foi et d’en être fier.
Qu’est-ce qui est « privé » ? On parle de « vie privée » pour parler de sa vie personnelle qu’on ne veut pas voir étalée sur la place publique. On sait ce qu’il en est. Entre les nouvelles émissions de télé-réalité, qui rendent inconsistante la vie privée, et l’étalage racoleur de nos célébrités qui nous obligent à regarder leur nombril jusqu’à loucher, il ne reste plus que les détectives qui soient « privés ». Or la fonction de ceux-ci est bien souvent d’enquêter sur ce qu’il reste de « vie privée ».
De privé il n’y a donc que cette « sphère privée » qui serait notre lot à nous, chrétiens. Qu’en est-il alors de ces dispensaires, de ces hospices pour nécessiteux, de ces écoles, de ces universités créés par l’Église partout dans le monde, sans parler de ces lieux de civilisation que furent les monastères et ordres religieux ?
Nous continuerons donc à manifester publiquement notre charité, notre foi et notre espérance.
Ave César et Vive Dieu.

Père Michel AUPETIT