Dieu veut célébrer les noces de son Fils en invitant toute la famille humaine, enfin réconciliée, au festin de l’Agneau. Dans la parabole des invités aux noces, les expressions missionnaires abondent. Nous lisons trois fois le verbe envoyer : « Il envoya » des serviteurs, d’autres encore… « Il envoya même ses troupes » pour empêcher de nuire à ceux qui avaient maltraité et tué les précédents. Et de nouveaux envoyés doivent partir à leur tour : « Allez donc aux croisées des chemins ». Et ils allèrent !
Comment nous acquittons-nous de la mission reçue ? Faut-il continuer à appeler alors que les invités ne tiennent guère compte de notre parole ? Pourquoi ne veulent-ils pas participer au festin des noces de l’Agneau ?
Bienheureuse pauvreté de Celui qui a tout préparé depuis des siècles, qui est prêt à tout donner dans le mystère de l’Alliance, la Pâque de son Fils, mais qui jamais ne forcera les cœurs. Il se contente d’inviter et nous demande d’entrer librement dans le jeu de sa grâce.
Malheureuse richesse et suffisance de ceux qui croient n’avoir besoin de rien ni de personne, et qui, ayant à peine entendu l’invitation, répondent par un refus, et se perdent dans leurs petites affaires…
Quelle joie de penser que, rassemblés pour le festin eucharistique, nous sommes les « ramassés » de la dernière chance, un « ramassis » de bons et de mauvais, de pauvres pécheurs trouvés au coin de la rue qu’on n’a pas regardés de trop près, par chance !
Père Christian CLAVE