Aujourd’hui, dans nos communautés chrétiennes, nous pouvons rencontrer des « convertis ». Humblement, il faut reconnaître qu’ils nous mettent parfois bien mal à l’aise. Leur radicalité, leur foi joyeuse nous posent question à nous qui sommes des « habitués » et qui nous sommes fait une vie confortable à l’ombre de l’Evangile. Nous avons codifié, ritualisé, et nous pouvons être très durs pour ceux qui n’entrent pas dans nos règlements. Ces « convertis » ont parfois de la peine à se situer dans nos communautés qu’ils trouvent trop tièdes, manquant d’audace, divisées sur des choses qui ne sont pas l’essentiel. Ils nous interpellent.
Pour Jésus, les étiquettes sont souvent trompeuses. La petite parabole qu’il nous raconte l’illustre parfaitement : on peut dire oui et ne pas aller à la vigne, dire non et y aller. Il ne faut jamais faire un arrêt sur image. Ce qui compte aux yeux de Dieu, c’est l’histoire de notre liberté qui peut toujours se convertir, se reprendre et choisir le bon chemin. Nous avons trop l’habitude de juger un acte isolé sur un mot hors contexte, sur un titre, sur une réputation. Ici, nous revient en mémoire la phrase de l’Evangile : « Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés. »
Nous ne connaissons pas l’histoire de chacun ni d’où il vient, ni où il va. Dieu seul voit les cœurs, lui seul sait quelle est la vérité de notre oui ou de notre non. Et le regard qu’il porte sur chacun de nous est d’espérance.
Père Christian CLAVE