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FAIRE GRÂCE
Faire grâce, recevoir grâce, c’est refuser de mesurer l’autre à ses actes et être dispensé moi-même d’être mesuré à mes actes. Si quelqu’un a volé, qu’on lui fasse la grâce de penser qu’il n’est pas seulement un voleur, qu’il n’est pas toujours un voleur, qu’il n’est pas défini, enfermé tout entier dans le seul mot : VOLEUR. Si quelqu’un a menti un jour, une fois, qu’on lui fasse la grâce de penser qu’il est bien plus qu’un MENTEUR. Faire grâce, recevoir grâce, ce n’est pas être dispensé d’une punition, c’est être reconnu comme un moi personnel, unique, dépassant toutes les qualifications, dépassant toutes mes actions. Moi comme une source, une profondeur, une fraîcheur, comme une capacité d’amour vierge dont les trahisons passées n’entament pas la valeur et dont tous les amours du monde ne sauraient remplacer l’absence. Il nous faut dépasser la justice, les torts partagés, subis, compensés, réparés, dépasser les sociétés, leurs intérêts, leurs codes, leurs tarifs, leurs prétoires et leurs prisons pour entrer et faire entrer dans le monde du pardon, de la grâce, de la personne, de l’amour. Père Christian CLAVÉ
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