RENTRÉE

Vacances n’est pas synonyme de vacuité et je pense que pour tous, elles furent bien remplies. Cet été, l’actualité n’a pas été « vacante » et les événements dramatiques et joyeux se sont succédé de manière intense nous donnant un raccourci saisissant et parfois bien cruel de toute cette année passée.
De la joie de Londres obtenant les Jeux Olympiques aux attentats horribles du lendemain, des ouragans dévastateurs aux incendies criminels, de l’espoir retrouvé en Asie du Sud-Est aux crashes aériens répétés —dont celui qui a endeuillé nos compatriotes de la Martinique— de l’assassinat incompréhensible de Frère Roger à l’explosion heureuse et fraternelle des J.M.J. de Cologne, jusqu’à cette guerre en Irak qui n’en finit pas, nous avons été rassasiés de nouvelles qui ne nous ont pas permis de nous extraire du « monde ».
Pour rentrer, il faut être sorti. Le préfixe lui-même indique qu’il faut même déjà être entré au moins une fois. Notre époque est comme toutes celles qui l’ont précédée : terriblement humaine. Nous habitons ce monde, nous n’avons pas à en sortir, nous devons choisir d’y vivre chaque jour plus humainement, plus fraternellement même puisque nous croyons à un même Père céleste.
Si le Christ est, cette année qui vient, notre ami intime, s’il transfigure notre manière de voir, de vivre, d’être humain, d’aimer les hommes, d’habiter le quotidien, alors ce monde changera et la rentrée ne sera plus cet éternel recommencement sans horizon. Alors, bonne rentrée !

Père Michel AUPETIT