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L’ESPRIT DES LOIS J’ai relu, pour mon cours de bioéthique, les antiques lois de l’Ancien Orient (2000 ans avant Jésus-Christ) : lois d’Our-Nammou, de Lipit Ishtar, d’Eshnounna et le célèbre code d’Hammourabi. J’y ai trouvé la raison commune de ces lois résumée par le grand roi de Babylone Hammourabi lui-même : «Pour que le fort n’opprime pas le faible». De même, quelques temps après, l’Ancien Testament reprend et approfondit ce souci des pauvres et des faibles afin de les protéger et de garantir leurs droits. Mais ces préceptes sont encadrés par la raison majeure qui motive leur respect : «Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint» et «Tu aimeras ton prochain comme toi-même, je suis le Seigneur» (Lévitique 19,2 et 19,18). Comme je suis un bon citoyen, j’ai lu la Constitution européenne. Elle s’appuie sur des valeurs de protection des faibles non aussi explicites mais que peut résumer l’article 1-2 : la solidarité – la non-discrimination. Hélas, les faits viennent contredire ces belles aspirations. Le sort réservé aux enfants à naître considérés comme des non-personnes (contrairement aux animaux de Monsieur Perben), aux personnes âgées handicapées, à tous les marginaux, enfin aux plus faibles, nous laisse perplexes sur le principe européen de non-discrimination. Et quand on voit la manière dont la solidarité est diversement appréciée au sujet du Lundi de Pentecôte, on se dit qu’il y manque sans doute une raison universelle, centrale, transcendante.
L’Europe a fondé ses valeurs communes sur l’Évangile. Pourquoi avoir éliminé ses racines ? D’où nous viendra la sève ? Père Michel AUPETIT
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