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LA NOUVEAUTÉ
Voilà donc, encore une fois, le Carême : la longue marche vers Pâques. Toute la vie est cette marche. Nous sommes toujours en route vers Pâques et tous les hommes y sont, qu'ils le sachent ou non. Chrétiens… on voudrait pouvoir dire : bien sûr ! Peuple Juif, depuis des siècles : ne sachant pas que l'attente est comblée ; humanité enfin ; tous les hommes marchent vers la nouveauté sans déclin. Tous attendent, espèrent. Ils rêvent d'échapper à la loi implacable du vieillissement, de l'usure, de la dégradation. Nul n'y échappe, ni les personnes, ni les couples, ni les institutions, ni les nations ; ni les croyants : foi routinière, habitudes, lassitude, ennui. Des nouveautés, nous en connaissons, nous en sommes sursaturés. L'effet de surprise passé, sans compter la fin des campagnes de lancement, elles passent : vieilles modes, vieux modèles de voiture, vieilles techniques. Quand viendra la nouveauté permanente, la jeunesse éternelle : l'amour, la vie, la foi, toujours à l'état naissant ? Tel est le sens, le but du Carême : marcher vers la jeunesse de Dieu révélée dans la nouveauté du Christ ressuscité. Croire c'est connaître la nouveauté de la foi, la nouveauté de la vie, une vie toujours reçue, toujours grâce, une vie libre où les nuages noirs qui trop souvent bouchent notre horizon n'empêchent pas les rayons de la splendeur de Dieu. Cette foi-là ne s'use pas, ne vieillit pas. Chaque jour peut devenir la plénitude du temps. Chaque jour est l'offre d'une vie nouvelle. Chaque jour Dieu se donne, toujours nouveau, et sa jeunesse fait reverdir, refleurir les vieux troncs blessés, fendus, durcie et les jeunes plants sur qui déjà flotte une odeur de mort. Dans l'attente du temps nouveau qui peut surgir à l'improviste, allons vers la découverte d'une foi toujours nouvelle. Père Christian Clavé
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