BIENTÔT, LE CARÊME

          Nous sommes, dit Jésus, le sel de la Terre et la lumière du Monde. Le sel, s'il s'affadit, ne sert plus à rien. La lumière sous le boisseau n'éclaire plus personne.
          Mercredi, nous entrons dans le Carême. Ce temps béni, ce temps de grâce, nous permet de retrouver cette sapidité et ce rayonnement qui nous viennent de Dieu.
          Être chrétien, c'est avoir reçu l'onction des Fils de Dieu, c'est vivre de la Vie du Christ. Jésus, le Fils de Dieu, ira jusqu'au bout de l'Amour. Sur la croix, Dieu et l'Amour se rejoignent en une étreinte éternelle.

          Aimer comme Dieu, c'est se déposséder à l'image du Christ.
          Se déposséder de ses biens matériels et de ses sécurités : c'est la pauvreté.
          Se déposséder de son pouvoir sur les autres : c'est la chasteté, dont l'apprentissage est plus long.
          Se déposséder librement de sa volonté, de son autonomie : c'est l'obéissance dont la mise en œuvre n'est jamais aboutie ici-bas.

          Les prêtres, les religieux et consacrés, par leur mode de vie, manifestent cette dépossession qui nous rapproche de l'Amour divin manifesté en Jésus Christ.
          Mais tous les chrétiens doivent aussi en vivre, apprenant qu'ils n'ont que la gérance transitoire de leurs biens matériels, que leur autorité ne leur est donnée que pour " faire grandir " et que leur liberté n'est réelle que lorsqu'elle dépasse les caprices de l'égocentrisme pour s'ajuster à la Volonté de l'Amour.

         Voilà le vrai programme du Carême.
Père Michel AUPETIT