VOICI L'AGNEAU DE DIEU…

       N'avons-nous pas à notre époque quelques signes qui pourraient nous aider à croire ? On pourrait évoquer Lourdes et Fatima.

       Il y a quelques années, je suis allé voir le linceul de Turin. En contemplant cette image si émouvante, je me suis demandé si le linceul peut être considéré comme un signe qui aide à croire. Pourquoi pas ? Mais il faut bien s'entendre : Sainte Thérèse d'Avila s'est convertie à la vue d'une simple image du Christ souffrant. Or, le linceul est une extraordinaire image du crucifié, et il peut être accueilli dans la foi comme un signe appelant la conversion du cœur. Peut-on aller plus loin ?

       Si l'authenticité du linceul est démontrée, cela en fait-il un signe plus évident ? Il n'est pas facile de répondre. La simple possibilité de son authenticité nous conduit à le considérer avec un grand respect ; cependant il faut reconnaître que la foi en Jésus-Christ n'est pas concernée. Même si le linceul est vraiment celui de Jésus, sa conservation ne prouve qu'une chose : la vénération des premiers chrétiens pour ce souvenir bouleversant qu'ils conservaient de leur Maître.

       Méditer devant le linceul de Turin, c'est méditer devant un signe de la passion du Christ. Nous arrive alors comme en écho l'annonce de Jean, le précurseur : " Voici l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. "

       Pour devenir croyant, il faudra toujours aller au-delà de tous les signes sensibles pour rejoindre le Christ lui-même à travers le témoignage de l'Évangile. Et c'est avec l'aide de l'Esprit Saint, comme Jean-Baptiste, que nous éprouverons la vérité des paroles de Jésus.
Père Christian CLAVE